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7 novembre 2017
par Colette
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[Guide des YouTubers] Découvrez l’interview de Fabien Fournier, créateur de la web-série Noob !

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Antoine Daniel, Audrey Marshmallow, poisson fécond, Le Joueur du Grenier et Le Fossoyeur de Films, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

NOOB ,web-série.

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : NOOB : SAISON 1 INTÉGRALE – 1H57 // NOOB : SAISON 2 INTÉGRALE – 2H19 // NOOB : SAISON 3 INTÉGRALE – 2H34 //
Noob est une web-série qui a débuté en 2008 et qui a été diffusée pour la première fois sur la chaîne Nolife. Elle compte cinq saisons complètes ainsi que deux films. Après avoir vu une publicité pour le MMORPG Horizon 1.0, une joueuse, Gaea, décide de se lancer dans l’aventure et d’acheter le jeu. Là elle va faire la rencontre de Sparadrap, un soigneur d’une naïveté et d’une maladresse déconcertantes, qui va lui proposer de rejoindre la pire guilde du serveur, la Guilde Noob. Avec Arthéon, le chef de ladite guilde, ancien guerrier de niveau 100 qui s’est fait supprimer son personnage, et Omega Zell, un assassin incontestablement macho et sûr de lui, elle va tenter de progresser dans le monde d’Olydri. Avec une telle équipe de bras cassés, c’est mal parti. La web-série est véritablement délirante et a gagné en qualité et en profondeur au cours du temps. Délires, « noobismes » et bons moments en perspective.

INTERVIEW !

Qui es-tu ?

Je suis Fabien Fournier, auteur transmédia toulonnais, créateur notamment de Noob et de Neogicia.

Le plus beau jour de ta vie ?

Le 27 juillet 2013, jour de mon mariage avec Anne-Laure (Gaea dans Noob).

Des phobies ? ou des TOC de vidéaste ?

L’obsession de tout faire pour ne pas avoir de regrets plus tard.

Cinq passions qui t’animent ?

L’écriture, la réalisation, les mangas et animés japonais, les séries et le cinéma américains, les jeux vidéo.

Ton pire défaut ?

Je m’engage dans des projets parfois trop ambitieux, au détriment de ma santé.

Si tu n’avais pas été vidéaste, à quoi te destinais-tu ?

Si on suit la logique de mes études, j’aurais été juriste en droit des médias et propriété intellectuelle.

Ta citation favorite ?

« Rien qu’une seconde, s’enflammer comme un éclair ! » de Poppu dans Dragon Quest Daï no Daiboken. Il s’agit d’un de mes mangas favoris. Je l’ai lu pile au bon âge et ce passage représente toute la quintessence du shōnen qui m’est si cher.

Parmi toutes vos vidéos, quelle est celle que tu préfères ?

Ma préférence va à la trilogie Noob, symbole d’une belle aventure, passage d’un nouveau palier technique, artistique et conclusion d’un cycle après huit ans de travail.

Avec Noob, on parle de MMORPG, alors est-ce que tu pourrais nous dire quel est LE MMORPG, le véritable et indétrônable ?

World of Warcraft, sans hésiter. Déjà, parce que les faits parlent d’eux-mêmes, il est au sommet depuis des lustres, il a inspiré ses pairs, a résisté aux assauts de tous les MMORPG souhaitant la place de numéro un et, surtout, parce que son univers transmédia est immensément riche et habilement mené.

Si tu avais dû être un autre personnage dans Noob, de qui se serait-il agi ?

Mon jeu d’acteur ne m’aurait pas laissé beaucoup de choix, mais, si on devait oublier ce paramètre, alors Omega Zell. C’est le personnage shōnen par excellence. Sa progression est à la mesure de sa détermination.

Le plus gros boss de ta vie ?

Les Armes Émeraude et Rubis dans Final Fantasy VII. Les vaincre n’a pas été facile, mais le jour où on y est parvenus avec les copains on a réellement exulté.

Quels sont les vidéastes ou personnalités qui ont inspiré le plus votre travail ?

Il y en a deux. D’abord Alex Pilot, créateur des Bitoman, puis cocréateur de la chaîne Nolife. C’est lui qui m’a donné envie de me lancer dans le film amateur lorsque j’ai découvert ses premières vidéos dans le cadre du concours annuel organisé par le festival Cartoonist de Toulon. Cette bande de copains avait l’air de s’amuser et c’était communicatif. J’adorais la perspective d’incarner des personnages issus de mondes de l’imaginaire, d’envoyer des boules de feu en effets spéciaux, de sauver le monde en cosplay, etc. Dessinant des mangas et écrivant des nouvelles depuis que j’étais en CM2, c’est tout naturellement que je me suis lancé dans la vidéo sous l’impulsion du travail d’Alex. J’ai toujours aimé découvrir et raconter des histoires via différents supports. Ensuite, Ruddy Pomarede, créateur de Damned puis de Flander’s Company, m’a donné envie d’aller plus loin que la parodie en créant un univers original. C’est de cette manière qu’est né Lost Levels, l’ancêtre de Noob, qui se déroule dans un MMORPG en réalité virtuelle avec des joueurs bloqués dans le jeu. C’était en 2001, nous étions précurseurs sur ce thème sans en avoir conscience.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cette série ?

Pour comprendre la création de Noob, il faut revenir en 2001, date de l’écriture et des tournages de Lost Levels 1. À cette époque, il n’y avait pas de MMORPG mondialement connu, c’était un milieu très confidentiel, dédié à des niches de joueurs et moi-même je le connaissais très mal. Je voulais mettre en scène un monde mélangeant les genres. Je voulais de la magie, de la technologie, du monde réel, du virtuel, etc., le tout sans avoir à créer sans cesse de nouveaux projets. J’ai donc décidé de placer l’action au cœur d’un jeu vidéo pour justifier cet étrange mix. Étant un grand joueur de RPG, j’ai opté pour ce style, mais j’avais un problème. Les personnages non joueurs étaient limités dans leurs actions. J’ai donc décidé de les remplacer par d’autres humains en intégrant la notion « en ligne ». Ensuite, un peu de réalité virtuelle pour une immersion totale et le tour était joué ! J’avais mon concept. Les années ont passé, entretemps, le MMORPG a réellement explosé, on est nous-mêmes devenus joueurs et, en 2007, à la fin de Lost Levels, on a décidé d’en faire un reboot plus contemporain. On voulait du format court, une charte graphique impliquant les codes propres à ce genre de jeu et des anecdotes réellement vécues avec les copains dans divers MMO, dont World of Warcraft. En 2008, Noob était né !

Comment votre projet a-t-il évolué au fil des ans ? Vous vous êtes notamment professionnalisés, incluant par exemple des musiques originales dans votre série. Pouvez-vous évoquer avec nous cette progression ?

Noob saison 1 et Noob saison 8 n’ont rien à voir en termes de qualité, ça se voit immédiatement. Cela est dû à du meilleur matériel acquis grâce aux fans, l’arrivée de créatifs compétents désireux d’apporter leur pierre à l’édifice et un gain d’expérience à force de travail. En revanche, rien n’a changé en coulisses. Nous tournons toujours les week-ends et Noob n’est pas devenu notre métier. On est restés fidèles à l’aventure humaine du début à la fin, sans pour autant utiliser notre bénévolat comme excuse. Nous voulons nous rapprocher le plus possible du niveau professionnel et, même si la route est encore longue, on va continuer à progresser. Après Noob, certains projets seront peut-être produits à l’échelle professionnelle mais d’autres resteront des loisirs, c’est certain. Je doute que la vidéo devienne mon métier à part entière un jour. Peut-être une activité rémunérée de temps en temps, effectivement, mais ce que j’aime, c’est tourner avec mes potes, sans contraintes, juste pour le fun. Mon boulot, c’est d’être auteur de romans, bandes dessinées, mangas, comics. Je suis un raconteur d’histoires transmédia, la vidéo étant un support parmi d’autres à mes yeux. À partir de la saison 6, il est question de « film ».

Pourquoi ce basculement de format ? Que vous a-t-il permis et comment a-t-il été accueilli ?

Après le format web-série, BD franco-belge, roman, je voulais tenter un long-métrage. Avec l’explosion du crowdfunding, j’ai tenté le pari fou de créer carrément une trilogie ! Une expérience encore jamais tentée sur Internet, surtout s’agissant d’audiovisuel axé science-fantasy. Là, c’est l’auteur transmédia qui s’est emballé et, même si ça m’aura épuisé et altéré la santé, je ne regrette pas ce choix déraisonnable. Déjà, parce que j’ai pu offrir aux fans cinq heures de vidéo au lieu de l’heure et demie initialement prévue. Ensuite, ça m’a permis de faire coup double en testant à la fois le format long et le format trilogie. Enfin, j’ai pu terminer le cycle originel de Noob dans des conditions royales. Cela a été très bien accueilli par les fans, les retours sont très positifs, on a même pu avoir trois fois le Grand Rex au complet, et je ne vous parle pas des diffusions en festival. Des ambiances folles et des retours très touchants se sont succédés. Le film 1 est même devenu notre première vidéo à avoir dépassé le million de vues sous un seul lecteur streaming. Après, les observateurs extérieurs à l’aventure Noob n’ont pas toujours compris nos choix ni le phénomène. J’ai discuté avec pas mal de monde en désaccord avec notre vision des choses, j’ai pu entendre leurs arguments, expliquer en quoi notre cas est à part ; ce fut très enrichissant, mais nous avons aussi essuyé des attaques. Rien de grave cependant, ça reste de la fiction sur Internet et le positif l’emporte largement. Tout ce qui compte, c’est que notre communauté soit satisfaite.

Comment en êtes-vous venus à proposer des romans ainsi que des BD ? Avec plus de recul aujourd’hui, quel regard portez-vous sur le fait de s’étendre hors de la sphère d’Internet ?

C’est en étant moi-même consommateur de transmédia via les mangas, jeux vidéo et animés japonais que j’ai souhaité reproduire le schéma avec Noob. Je regrettais qu’en France les créatifs soient souvent cantonnés à un seul support en étant soit scénaristes, soit réalisateurs, soit dessinateurs, etc. Je voulais offrir à mon univers toutes ces choses à la fois, à travers un scénario conçu pour, avec des aventures indépendantes et complémentaires à la fois. Je ne pensais pas pouvoir le faire à l’échelle professionnelle via le roman et la bande dessinée à l’époque ; j’avais modestement préparé de quoi poster tout ça sur Internet, comme les épisodes, mais les éditions Octobre puis Soleil m’ont donné ma chance et, depuis, je m’épanouis pleinement. Sur Internet, il est important de noter que la Fantasy et la science-fiction sont impossibles à financer à l’échelle audiovisuelle. Même à la télévision et au cinéma, il est très rare de voir ces genres mis en scène par des Français avec des producteurs derrière. Notre bénévolat nous permet de créer une web-série de science-fantasy, mais on reste limités et le transmédia permet de pallier ces entraves en montrant ce qui ne peut l’être en vidéo, faute d’effets spéciaux et de logistique adéquats. Je pense qu’on est un certain nombre à se demander comment est Sparadrap dans la vraie vie… Si vous parlez du personnage de Sparadrap IRL, il est pareil que dans le jeu. Naïf mais incroyablement gentil, avec des valeurs saines. Si vous parlez de l’acteur, c’est un showman. C’est un gars bourré d’énergie, drôle et un ami sur lequel vous pouvez compter. Après, je vous rassure, il n’est pas aussi simplet que Sparadrap, quoique…

Avez-vous de nouveaux projets en gestation ?

La série semble encore promise à un bel avenir… Noob va avoir droit à une seconde jeunesse à travers Reroll, au format light novel et manga, Rush au format web-série et Fluxball en bande dessinée. Sans oublier la bande dessinée Noob, qui est loin d’être terminée. Le monde d’Olydri va continuer via Neogicia en romans, bandes dessinées et sûrement mangas et web-série à terme. Enfin, il y a Warpzone Rebirth en web-série et comics en préparation. Toutes ces licences sont des saisons 1 et n’ont absolument pas besoin de l’héritage de Noob pour être comprises. Ce sont des licences indépendantes issues d’un univers étendu, comme cela se fait de plus en plus dans les mondes de l’imaginaire.

7 novembre 2017
par Colette
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[Guide des Youtubers] Découvrez l’interview du Joueur du Grenier !

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Antoine Daniel, Fabien Fournier de Noob, Audrey Marshmaloo, poisson fécond et Le Fossoyeur de Films, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

Joueur du Grenier, émission & critique

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : JOUEUR DU GRENIER – LES JEUX DE COMICS #2 // PAPY GRENIER – SKYRIM // JOUEUR DU GRENIER – LA 6E GÉNÉRATION DE CONSOLE – XBOX / PS2 //
Joueur du Grenier, également connu sous le nom de JDG ou Fred, est un testeur français spécialisé dans le rétrogaming. Avec Seb, ils sont les créateurs de vidéos critiques humoristiques portant sur de vieux jeux qui ont le plus souvent traumatisé l’enfance de Fred en raison de leur piètre qualité ou de leur difficulté. Au-delà d’une réalisation s’appuyant sur l’écriture et la scénarisation, c’est avant tout le personnage du Joueur du Grenier qui a fait le succès de cette chaîne. Vêtu d’une chemise hawaïenne jaune, colérique et excessif, il habille chaque vidéo de crises de nerfs mémorables qui font de lui un incontournable. Les vidéos de Joueur du Grenier concernent principalement des tests de jeux rétro, mais également des hors-séries et des vidéos thématiques. Dans « Papy Grenier », Fred incarne un vieil homme qui raconte à ses petits-enfants l’histoire d’un jeu vidéo comme s’il l’avait lui-même vécu. Une seconde chaîne a vu le jour en 2014, Bazar du Grenier, où l’on trouve notamment des let’s play avec un rythme de publication plus soutenu.

INTERVIEW !

Qui êtes-vous ?

Frédéric : Je m’appelle Frédéric Mollas, j’ai 34 ans, je suis né en 1982. J’ai du mal à me considérer YouTuber, ça ne veut rien dire. C’est vrai qu’à partir du moment où l’on s’amuse dans nos vidéos j’ai presque du mal à considérer ça comme un métier même si c’en est véritablement un. Quand on rencontre des gens sur les salons ou autres, ils nous disent que nous sommes des stars et nous, tout ce qu’on a à leur répondre, c’est :
« Ben non, on fait des vidéos marrantes ! » Il n’y a pas eu de vraie transition dans ce que nous faisons, comme le fait de passer du chômage au CDI ; ça s’est fait progressivement.
Sébastien : C’est vrai, c’est une conversation qu’on a déjà eue avec Fred. On nous martèle tellement le crâne que ce n’est pas un vrai métier qu’on commence à l’assumer. On serait presque à dire : « Oui excusez-nous, on est des escrocs. On s’est faufilés par là mais on ne reste pas longtemps, promis ! » Ah, mais je n’ai pas dit qui j’étais ! Here comes a new challenger ! Je suis l’Alpha et l’Oméga ! Je m’appelle Sébastien Rassiat, j’ai 33 ans. Attends, Fred, tu as 34 ans ? Je croyais qu’on avait le même âge quasiment ? On ne sait pas notre âge… Bref, on est vidéastes ou, comme certains le disent, videomakers. Moi aussi j’ai vraiment du mal avec le terme « YouTuber », parce que ça veut dire qu’on est rattaché à une plate-forme.

Le plus beau jour votre vie ?

Seb : Ouah, c’est dur ! Ce n’est pas que je ne veux pas répondre, mais j’ai du mal à pointer le calendrier pour dire : « Ça, c’est ce jour-là ! » Après je ne vais pas dire que c’est lorsque j’ai mangé un double cheese ou mon premier KFC… Sinon, bien sûr, c’est le jour où j’ai rencontré ma copine. Ou alors, et là je ne me mouille pas du tout, je dirais que, plus qu’un jour, c’est une période : les sept dernières années avec Joueur du Grenier, qui nous ont apporté énormément d’opportunités et qui nous ont permis de rencontrer beaucoup de personnes qu’on idolâtrait.
Fred : Alors moi, mon premier KFC, c’est le deuxième ! Sinon, même si c’est un peu pompeux, moi, c’est clairement le jour où je me suis mis en couple avec ma copine. J’ai été très très longtemps célibataire et, le jour où je me suis mis avec elle, ma vie a littéralement changé : c’est à partir de ce jour-là que j’ai fait semblant de perdre du poids. On s’est rencontrés grâce à Joueur du Grenier et ma vie a changé du tout au tout.

Des phobies ? ou des TOC de vidéaste ?

Fred : J’ai peur des araignées et des guêpes, mais ça n’a rien à voir avec la vidéo ! Je pense que c’est plus ou moins le fait d’arriver un jour dans ce que l’on fait à un point où on sera nuls à chier. Je vois la personne dont on s’est inspirés qui est Angry Video Game Nerd, qui aurait clairement dû arrêter il y a un an. Il est vraiment devenu bidon. Quand tu le regardes c’est un peu gênant. Je dis toujours : « Il faut qu’on arrête avant ça. » C’est la chute et on ne veut pas ça.
Seb : Moi, ça me fait flipper qu’il y ait un déferlement de haine ou de rage vis-à-vis de nous. Ça me terrifie un peu, parce qu’on s’est tellement habitués à avoir tout le temps des remarques gentilles en convention que je vivrais très mal d’être confronté à l’inverse.

Quels sont vos garde-fous pour éviter ça ?

Fred : Pour moi, c’est les commentaires. Je sais que, lorsqu’une vidéo sort, je lis énormément les commentaires pour avoir les retours des gens durant les trois premiers jours. Il y a aussi des forums, où je sais que les gens nous détestent, où je vais pour voir ce qu’ils n’ont pas aimé.
Seb : C’est vrai que ces forums tu y vas souvent ! C’est ton petit cérémonial parce que tu sais qu’ils ne vont pas aimer ! C’est un peu le sauna, tu y vas, tu mets le truc à fond, tu transpires et après ça va mieux. Pour ma part, je ne vais pas voir ces forums.

Cinq passions qui vous animent ?

Fred : Les jeux vidéo, clairement. Quand j’ai un moment, je le prends pour jouer et pour m’amuser. C’est ma passion, tout simplement. Si un jour on arrête les vidéos, j’aimerais continuer à travailler dans ce milieu. Voyager, j’aime beaucoup ça. Le sexe, le cinéma et le KFC.
Seb : Le terme « passion » c’est assez fort. C’est vraiment le truc poussé à l’extrême. Du coup c’est assez dur. Les jeux vidéo, la musique, le cinéma beaucoup, les voyages aussi et le sexe.

Quels sont vos jeux du moment ?

Fred : Overwatch ! On joue énormément à ce jeu en ce moment. J’attends quand même – dingue de ouf – Star Citizen, et j’y crois. Quand je me lève le matin, le premier truc que je fais, c’est d’aller voir les news de Star Citizen. C’est un jeu qui est en développement depuis pas mal de temps.
Seb : Moi, je vais peut-être me lancer sur DOOM et Odin Sphere, parce que j’adore ce genre de jeux. Je suis très action-RPG, grand fan de Zelda, j’attends vraiment Breath of the Wild. Je suis dégoûté parce que j’ai essayé de gratter partout pour pouvoir l’essayer mais pas moyen !

Est-ce que vous pouvez nous dire quel est le jeu qui vous a le plus traumatisés ?

Fred : Dans le cadre de JDG, moi, clairement, c’est Dragon’s Lair. Après ce n’est pas un jeu que j’ai eu lorsque j’étais plus jeune. Du coup, je dirais qu’il s’agit de Solstice sur NES, qui est peut-être l’un des tout premiers jeux auxquels j’ai joué sur NES. C’était vraiment nul à chier. Sinon il y a aussi Rygar sur Atari, qui est le jeu à cause duquel j’ai pété ma première console d’un coup de genou.
Seb : C’est vrai que, pour l’émission, Dragon’s Lair a été particulièrement horrible. Déjà parce que c’était une télécommande et pas une manette, et ensuite parce que sur le CD-i tu n’as pas de sauvegarde, du coup il fallait laisser tourner la console en permanence, même la nuit. Elle chauffait et mon bureau avait légèrement cramé.

Votre pire défaut ?

Fred : J’ai tendance, je le reconnais moi-même, à être un peu petit chef. Notre méthode de fonctionnement dans les JDG fait que, même si on a hiérarchiquement le même rôle, je dis un peu aux autres quoi faire. Je me plains souvent de tout faire et je ne délègue au final jamais rien parce que si ce n’est pas moi qui le fais ce n’est jamais comme je veux.
Seb : Tu aimes bien avoir la mainmise sur les choses en fait. Tu n’aimes pas trop déléguer. En ce qui me concerne, je dirais que je suis peut-être un petit peu colérique et impatient.

Si vous n’aviez pas été vidéastes, à quoi vous destiniez-vous ?

Fred : Vendeur chez Micromania, pourquoi pas. Après, en vrai, vu là où on habitait avant, franchement j’aurais fini à Leroy Merlin à soulever des cartons. Niveau boulot à Perpignan c’est pas la joie. Ou peut-être moniteur d’auto-école.
Seb : Moi, ça aurait été du dépannage informatique puisque j’ai fait des études en électronique.

Quelle est votre citation favorite ?

Fred : « Alors je me suis fait ninja » ma citation par Bruce d’e-penser ! (NdA : après vérification poussée et assidue entre deux pizzas, il semblerait que Bruce était bien à l’origine de ladite citation, preuve à l’appui par carte de visite du 30 mars, 9 h 27 !) Du coup, j’ai envie de dire « Hakuna Matata ». C’est con, mais c’est un truc qui régit beaucoup ma vie en fait. Ça peut sembler paradoxal lorsqu’on me connaît, parce que je ne suis jamais zen à 200 %.
Seb : Allez, pour moi ce sera « If it bleeds, we can kill it. » « S’il saigne, on peut le tuer », qui vient de Predator.

Quelle est votre console de cœur ?

Fred : La console de cœur pour moi ce serait la Mega Drive. Mais j’ai tendance à dire que la meilleure console à avoir en cas de fin du monde, c’est la PSOne. C’est celle qui a tout changé, qui a le plus gros catalogue, de très bons jeux autant  en 2D qu’en 3D.
Seb : Je pense que c’est la nostalgie qui te fait parler. Moi, je ne ressortirais pas une Play pour joueur à des jeux de Play. En plus, tu as eu plein de remakes, perso je préfère jouer aux remakes. Tous les jeux de début 3D vieillissent super mal. En revanche les jeux 2D de la Super NES, c’est autre chose. De coeur, moi, je dirais la NES. J’ai découvert tellement de jeux grâce à elle ! Et du coup, la Super NES aussi.

Quels sont les vidéastes ou personnalités qui ont inspiré le plus votre travail ?

Fred : Ce que je dis chaque fois, c’est que j’ai plusieurs piliers d’humour. Nostalgia Critic, qui est pour moi le meilleur vidéaste Web et le plus drôle. Sinon il y a François Pérusse et Louis de Funès.
Seb : J’aime beaucoup Louis C.K., que je trouve totalement fantastique.

Comment vous est venue l’idée du Joueur du Grenier ?

Fred : Quand on a commencé en 2009, Angry Video Game Nerd faisait des vidéos depuis deux ans déjà. Du coup, on s’est dit qu’il n’y avait rien à ce moment-là sur YouTube de comparable en France, au niveau jeu vidéo en tout cas. Pour vous dire, à cette époque, Benzaie était sur sa chaîne anglaise. On avait donc six mois de salaire de notre précédent taf et on n’avait plus rien à faire. Avec Seb, on s’est demandé si on allait continuer à faire des trucs style documentaire de la Fête de la saucisse que personne ne va regarder ou si on allait se lancer dans quelque chose de nouveau. Au début, c’était assez difficile.
Seb : Le tout premier JDG, on voulait se différencier du concept original et partir sur les free to play. On n’arrivait pas à faire quelque chose qui nous plaisait, du coup on est repartis sur le concept de l’AVGN en incluant notre humour à nous. Effectivement, c’était difficile quand on a commencé, parce que tous les fans d’AVGN nous sont tombés dessus en nous accusant de plagiat.

Est-ce que vous vous étiez fixé des objectifs au lancement de votre projet ?

Fred : Pas du tout. Déjà, lorsqu’on s’est lancés, la monétisation n’existait même pas, donc on n’était même pas partis dans l’optique de gagner notre vie grâce à ça. L’objectif c’était juste de faire de bonnes vidéos.
Seb : On s’est clairement lancés en se disant : « Allez viens, on va faire ça et ça va être rigolo ! » On a été assez vite dépassés en fait. Je me rappelle qu’on avait fait une vidéo pour les 2 000 abonnés et, le temps qu’on la sorte, on était déjà passés à 10 000 abonnés. La suivante de ce type, on n’a pas cherché, on l’a faite pour les deux millions.

Est-ce que vous avez suivi des conseils de proches ou de viewers pour faire évoluer votre contenu ?

Fred : Je pense qu’au début les commentaires ont eu pas mal d’influence sur ce qu’on faisait. Il faut voir que le format JDG a constamment évolué au cours des 20 premiers épisodes et qu’il s’est plus ou moins fixé avec la vidéo « Dragon Ball », qui est devenue le modèle de référence avec une pré-intro, un générique, une intro, l’épisode et la conclusion. On a donc été énormément influencés, peut-être trop, par les commentaires.
Seb : C’est vrai, je me rappelle qu’au début on essayait d’alterner les JDG un peu plus rageux et les versions avec un peu plus de mise en scène. On a appris à connaître notre public et on a surtout compris que l’on ne pourrait pas satisfaire tout le monde. Il y aura toujours des personnes qui ne seront pas contentes. On veut satisfaire le plus de monde possible, c’est sûr, mais tout en continuant à faire ce que l’on veut et ce que l’on aime.

De nouvelles émissions, sur la chaîne Joueur du Grenier, ont par la suite vu le jour : les Hors-série, les Papy Grenier ou encore les Jeux en vrac . Est-ce que vous pouvez nous parler de cette évolution ?

Fred : Les Hors-Série sont venus assez rapidement finalement. Le premier était, je crois, la sixième ou cinquième vidéo. C’était pour marquer les 2 000 abonnés de la chaîne, pour lesquels on souhaitait faire un truc un peu original histoire de marquer le coup. Ça a plutôt bien pris et c’est un concept qu’on a ressorti un jour où on n’avait plus trop d’idées. On a sorti le premier « Dessins animés », qui a été un énorme succès ; c’est l’une des vidéos qui a le mieux marché ! On ne parlait plus seulement aux fans de jeux vidéo, mais à l’enfance d’énormément de monde.
Seb : Papy Grenier, en revanche, ça a vraiment été le piège. À la base, il devait s’agir d’un let’s play. On avait envie de parler de bons jeux et d’échanger des souvenirs en fait, et de rester dans la nostalgie. On se foutait à l’origine derrière un micro, on ne montrait même pas nos têtes. Finalement c’était un peu brouillon, on avait du mal à l’illustrer. On s’est dit que ça pourrait être bien d’écrire un script, et petit à petit on a vu qu’on avait des idées de gags comme pour les JDG. C’est devenu Papy Grenier et c’est parfois plus complexe à mettre en place que les JDG.

D’ailleurs, vous avez lancé une seconde chaîne, le Bazar du Grenier, au concept très différent de votre première chaîne. Vous pouvez nous parler de sa genèse ?

Fred : Cette chaîne et son concept sont venus d’un autre truc. Au moment où on l’a lancée, notre régie publicitaire a commencé à râler parce que les JDG rapportaient moins que le minimum garanti. La publicité elle-même commençait à rapporter de moins en moins. On atteint quasiment les 75 à 80 % d’Adblock sur la chaîne. En gros, huit visionneurs sur dix bloquent la pub, ce qui réduit considérablement les revenus. On voulait faire des let’s play un peu cool, mais c’est vrai que c’est né d’une pression de notre régie pub liée à des impératifs économiques.
Seb : Il ne faut pas perdre de vue que, sur JDG, on sort une vidéo par mois, ce qui n’est vraiment pas énorme et qui ne correspond pas au modèle économique actuel de YouTube. Cela ne nous empêche pas d’avoir créé des trucs, comme « Jeux en vrac », qui est une sorte de mini-JDG, à cette occasion.

Avez-vous peur du fait que le concept du JDG s’essouffle ?

Fred : Je pense que ça viendra un jour de toute manière. Il y aura toujours des jeux, mais le problème c’est que les jeux se ressemblent tous. L’exemple que j’utilise toujours c’est : « Ce mur est blanc, et tu dois me trouver 85 façons différentes de me dire que ce mur est blanc. » Au bout d’un moment, les problèmes sur les vieux jeux sont tout le temps les mêmes. On va progressivement s’ouvrir aux jeux de PS2 et de la première Xbox.
Seb : C’est pour ça aussi que l’on greffe de la mise en scène et qu’on essaie de créer une espèce d’univers fou et cohérent dans nos têtes qui est celui du Joueur du Grenier. Parce qu’effectivement, sans ça, ça reste globalement la même chose. C’est ce qui marque le plus les gens.

Vous vous êtes également lancés dans le jeu de rôle, quelque chose que l’on ne voit pas partout sur YouTube mais qui a su trouver son public… :

Fred : Aventures a rencontré un véritable succès et a relancé le jeu de rôle. Deux personnes sur trois qui viennent nous voir disent qu’elle mate « Aventures » et qu’elles se sont lancées dans le JDR alors qu’elles ne connaissaient pas du tout. Les gens sont en train de chercher à redécouvrir le plaisir d’être ensemble dans une même pièce. Le but n’est pas le jeu, mais de quelle manière tu joues et avec qui. Moi, le jeu de rôle, c’est clairement dans mon ADN. C’est quelque chose qui m’a beaucoup aidé lorsque j’étais au lycée. J’avais une personnalité totalement différente de celle que j’ai aujourd’hui et j’étais extrêmement timide et réservé. J’étais mal à l’aise dans ma peau. J’ai redoublé ma première et je me suis réorienté. De cette façon j’ai rencontré des gens avec qui j’ai commencé à faire du JDR. Je suis devenu maître du jeu. Le jeu de rôle, c’est du théâtre, clairement, et je pense qu’il devrait y avoir des cours de jeu de rôle au lycée. J’ai totalement changé de personnalité, je me suis affirmé, ouvert, j’ai pu aller vers les autres. Aujourd’hui, je serais incapable de faire tout ce que je fais si je n’avais pas vécu ça.

Est-ce que vous pouvez nous parler des BD qui sont parues chez Hugo BD et au sein desquelles une partie de votre public n’a pas vraiment retrouvé ce qui fait JDG ?

Fred : C’est Piratesourcil qui nous a proposé ça à l’époque. Nous, on gagnait peu d’argent et on n’avait pas du tout idée de ce que cela pouvait impliquer de lancer une BD, notamment en termes de communication. On n’était pas vraiment satisfaits de la première, du coup, plutôt que de mentir on a préféré annoncer qu’elle visait un public très jeune. Idem pour la deuxième. Je voulais arrêter à ce moment-là et les choses se sont passées d’unetelle façon avec l’éditeur que ça a continué alors qu’on ne le souhaitait pas. Nous, ce qui nous intéresse, c’est de faire des vidéos, et on est très mauvais au niveau de la gestion. Du coup, pour ça, autant le dire, on a mal géré la chose.
Seb : En revanche les DVD, ça, on en est vraiment vachement contents. C’est Benzaie qui nous avait conseillé ça et, pour le coup, on n’a pas été déçus. Pour la BD c’est dommage, parce qu’au final moi, j’adore les produits dérivés, et notamment ceux dans lesquels on peut s’investir, par exemple les bonus qu’on peut retrouver dans les DVD.

Quel regard portez-vous sur YouTube et son évolution ?

Fred : Je dois dire que la nouvelle génération de YouTubers, les plus jeunes, me fait flipper, parce que ce sont des gens qui ne sont pas mûrs pour le succès. Tu ne peux pas devenir une star hyperconnue quand tu as 10 ans sans péter un câble. Nous, c’est devenu très progressif et on avait 28 ans. Ce que tu te demandes c’est, si demain ça s’arrête, pour les plus jeunes d’entre eux, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? Ça me fait clairement l’effet téléréalité. Il faut être capable d’encaisser, et je pense qu’à 11 ans ce n’est pas possible. Moi, j’ai surtout peur pour eux en fait. J’ai croisé des vidéos de la Video City où tu voyais des gamins avec des lunettes noires et des capuches sur la tête comme si c’était des stars à Hollywood. Ils ont totalement embrassé le star-system et je n’aime pas ça, ce côté « non je ne parle pas à mes fans, je suis trop connu ».  Ah putain ! que je déteste ça en fait ! C’est sale et je ne veux pas de ça sur YouTube. Le mec fait des vidéos, quoi ! Ce genre de
réactions est tout ce qu’on ne veut pas voir sur YouTube.
Seb : À la base, Internet c’était un truc pour avoir quelque chose de neuf et on est en train de reproduire exactement le même schéma qu’à la télé. J’ai vraiment l’impression qu’on est en train de gâcher quelque chose. Puis, tu as en plus la télévision qui arrive aussi avec ses gros sabots avec des projets qu’elle-même finance sur YouTube. La boucle est bouclée au final.

7 novembre 2017
par Colette
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[Guide des Youtubers] Découvrez l’interview d’Antoine Daniel !

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Le Fossoyeur de Films, Audrey Marshmallow, poisson fécond, Le Joueur du Grenier et Fabien Fournier de Noob, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

 

ANTOINE DANIEL – Émission & Critique de vidéos

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : LE 29 AVEC ANTOINE DANIEL #16 // QUELLES SONT MES LIMITES – CHAOS #1 – ANTOINE DANIEL // #WHAT THE CUT #37 – TEMPLE, CÉRÉMONIE ET COSMOS //
Antoine Daniel est le créateur à l’origine de la très célèbre émission humoristique What The Cut, qu’il a démarrée en 2012. Dans chaque épisode, le vidéaste examine et critique trois vidéos tirées du Web qui sont insolites, étranges ou tout simplement drôles. Son humour et son personnage déjanté, légèrement vulgaire et hyperactif, ont clairement participé à son succès. Le format initial des vidéos, d’une moyenne de cinq minutes, a beaucoup évolué depuis les origines. Les épisodes sont aujourd’hui beaucoup plus longs. En 2015, Antoine Daniel a lancé une seconde chaîne, La Mezzanine, où il propose des vidéos qui selon lui n’ont pas à figurer sur sa chaîne principale car moins travaillées. Avec l’émission Chaos, il répond à une question précise, comme de savoir quelles sont les limites qu’il impose à son humour.

Qui es-tu et quel est ton parcours ?

Mon prénom c’est Antoine et mon nom c’est Daniel. Je suis né le 23 avril 1989 et j’ai 27 ans au moment où je te parle. J’habite à côté de Paris. On me connaît surtout parce que je fais l’émission WHAT THE CUT sur YouTube depuis le 1er mars 2012. Globalement je fais des vidéos sur Internet et j’y passe beaucoup de temps. À la base je suis ingénieur du son et compositeur. J’aime plein de trucs. J’ai toujours aimé la création et j’ai commencé à faire des vidéos quand j’avais 10 ans avec la caméra de mon père. J’ai commencé à faire du montage vidéo lorsque j’avais 14 ans avec mon ordinateur. J’ai globalement appris ça tout seul, même si en études supérieures j’ai fait deux ans à l’ESRA, qui est une école d’audiovisuel à Paris où je n’ai finalement pas tant appris ; enfin, j’ai appris comment ça se passait sur les tournages. J’étais peut-être un peu jeune à l’époque puisque je sortais de mon bac. Ensuite je me suis redirigé, parce que j’étais vraiment plus dans la musique à ce moment-là, vers un BTS audiovisuel et ingénieur du son. J’ai toujours fait des vidéos à droite à gauche avec des amis, et quand Dailymotion et YouTube ont commencé à monter on a posté dessus. Je faisais ça avec des amis pour me marrer. WHAT THE CUT était un de ces projets, juste comme ça, et qui a fini par prendre.

Où vas-tu ?

Vers Internet dans tous les cas. Le plus longtemps possible sur Internet. Je n’ai pas envie de faire de la télévision, le cinéma ne me tente pas plus que ça. En fait, une fois que tu as goûté à cette liberté que tu as sur Internet, tu as vraiment beaucoup de mal à t’en détacher. Donc, vraiment, sur Internet, pour essayer de faire évoluer le média sur lequel je me trouve et démontrer qu’en venant de nulle part, comme c’est mon cas, puisque j’ai commencé WHAT THE CUT avec une webcam HD dans ma chambre, tu peux faire quelque chose. Je sais que beaucoup de gens pensent qu’à l’heure actuelle ce n’est plus possible tout ça, qu’il faut nécessairement vendre son âme ou faire des tops, mais clairement pas. Si tu produis toujours un contenu de qualité, malgré les algorithmes pourris et renforcés de YouTube, tu trouveras quand même un public. Ça prendra peut-être juste un peu plus de temps qu’avant, mais tu pourras peut-être t’installer. Et, en tout cas, je souhaite faire toujours ce que je veux, que ce soit de la création vidéo, à mon rythme, de la création musicale à mon rythme, enfin plein de trucs. Plein de projets, principalement dans de la fiction, en tout cas c’est ce qui m’intéresse le plus à l’heure actuelle.

Quel est le plus beau jour de ta vie ?

Je pense que depuis toujours j’en ai deux en tête. Il y en a un qui n’a rien à voir avec la création, donc moyen intéressant. L’autre pour le coup est plus proche. Lorsque j’avais 12 ans, j’ai fait un tout petit peu de théâtre. En fait, il y avait la mère d’une des élèves avec laquelle j’étais en cours qui était chorégraphe de danse et qui mettait en scène des spectacles qui étaient diffusés dans LA grande salle de spectacle de ma ville. Elle voulait que dans sa pièce de fin d’année il y ait des passages de chorégraphie et des passages joués en tant que comédie pour lesquels il fallait deux jeunes garçons. Du coup, elle nous avait pris mon pote et moi pour faire ça et on avait été coachés par un ancien élève du Cours Florent. On avait fait deux représentations, deux soirs de suite, et de voir toutes cette effervescence et tous ces artistes, ces comédiens, ces danseurs, le public, tout ça m’a fait un choc. Je m’étais toujours intéressé à la création, surtout qu’à cette époque-là je découvrais vraiment plein de trucs niveau musical, niveau jeu vidéo. Ce moment a vraiment été un déclic où je me suis dit qu’il fallait que je fasse ça de ma vie, parce que c’est vraiment ce que je suis et ce qui me plaît. Peu importe la forme que ça aurait, je me suis dit que j’avais besoin de faire ça. Ça m’a tellement marqué que c’est très certainement l’un des jours les plus importants de ma vie.

Quel est ton pire cauchemar ?

Il y a beaucoup de choses que je n’aimerais pas. Sombrer dans le coma pour me réveiller cinquante ans plus tard m’angoisse beaucoup. C’est-à-dire me retrouver avec cinquante ans de vide dans ma vie.

Quelles sont les passions qui t’animent ?

La création en général, la création vidéo, raconter des histoires et faire de la musique. J’aime beaucoup la géographie aussi, même si ça n’a rien à voir.

Ton pire défaut ?

Je suis « procrastinateur ». Ce n’est pas tant ça qui fait que les vidéos mettent longtemps à venir, mais il faut dire que ça n’aide pas. Il y a ce côté de remettre un peu au lendemain ce que je pourrais faire là, aujourd’hui. Au final, c’est horrible la procrastination parce que ce n’est pas si marrant que ça, c’est un problème et je ne sais pas trop d’où ça vient. C’est vraiment le fait que je m’empêche de faire des trucs parce que je me dis que je le ferai plus tard alors que j’aime le faire. J’ai plein de défauts, mais la flemme est l’un des trucs majeurs que je devrais corriger chez moi. Je ne suis pas pour autant un branleur, quand je travaille sur un projet je m’y mets vraiment à fond et je donne beaucoup.

Ta citation favorite ?

C’est plus par rapport au fait que je suis très lent à faire des vidéos sur Internet et que je suis extrêmement perfectionniste. Il ne s’agit pas de celle qui me définit le plus, mais je l’apprécie, je la dois au créateur de Mario, Shigeru Miyamoto. Il parle des jeux qui sont retardés : « Il ne faut pas avoir peur de sortir un jeu vidéo en retard, parce qu’à partir du moment où il est sorti, s’il est mauvais, il est mauvais pour toujours. » Je trouve que cette phrase est trop bien et qu’elle s’adapte à toute forme de création.

Quels sont les vidéastes, créateurs, personnalités qui inspirent le plus ce que tu fais ?

Il y en a beaucoup ! Edgar Wright, un réalisateur britannique dont je suis archi fan. Il a vraiment inspiré en termes de réalisation et de narration les dernières intros de WHAT THE CUT, notamment du 35 et du 36. J’aime le vidéaste britannique TomSka, qui fait beaucoup d’humour absurde, plein de vidéos que je trouve excellentes. Il parle de sa façon de penser sur sa chaîne secondaire et je me retrouve dedans. J’aime le compositeur de musique électronique Deadmau5. Ce qu’il fait d’un point de vue musical me plaît vraiment, mais je l’apprécie encore plus en tant que personne. Il y a tellement d’artistes et de créateurs que j’aime énormément… Nobuo Uematsu, qui est le créateur des musiques de Final Fantasy. Il est pour moi le meilleur artiste au monde. Le mangaka Naoki Urasawa, qui est un scénariste de génie et qui a un trait de fou. Beaucoup de cinéastes : Stanley Kubrick, Les frères Coen, Wong Kar-Wai, Park Chan-Wook. Trent Reznor, qui est celui qui a fait le groupe Nine Inch Nails ainsi que des OST pour David Fincher. Il fait tout tout seul et c’est quelque chose que j’apprécie énormément. C’est le cas de Toby Fox qui a créé Undertale, et me dire qu’il est plus jeune que moi et qu’il a créé un jeu aussi poussé, seul, est incroyable. Du point de vue des vidéastes, il y en a beaucoup que j’aime bien mais ce n’est pas pour autant qu’ils m’inspirent dans ce que je fais, dans ma façon de penser et de me projeter. Dans les vidéastes du Net français je pourrais en citer quatre : DirtyBiology, Karim Debbache, François Descraques, Mathieu Sommet.

Quand tu t’es lancé sur Internet, est-ce que tu avais une idée précise de ce que tu souhaitais faire ?

Pas du tout. Le truc marrant, c’est que, lorsque j’ai démarré WHAT THE CUT, je n’ai pas du tout eu l’impression de me « lancer » et de démarrer une carrière. À l’époque, j’avais une très vague idée du fait que c’était possible d’en vivre et que c’était quelque chose que Norman parvenait à faire. Ça m’était plus ou moins étranger. Je m’étais plus dit que, si ça plaisait aux gens qui m’entouraient, j’allais continuer. Je ne pensais pas du tout que ça prendrait cette ampleur et ça m’a ouvert les portes de plein de trucs. Je n’avais aucune idée de quoi que ce soit en fait.

Est-ce que tu as hésité à te « lancer » sur le Web au début ? ou peut-être as-tu été poussé par quelqu’un ?

Pour ma part, j’ai toujours mis des choses sur Internet. En revanche, pour WHAT THE CUT, c’était la première fois où j’étais seul à l’image, et face caméra. J’ai mon meilleur ami de l’époque, avec lequel je n’ai plus de contact hélas, qui m’a incité à partager mon premier épisode sur Facebook, ce qui a permis que d’autres le partagent également. J’avais assez peur de ça. Cette personne m’a donc poussé sur le moment, et je l’en remercie infiniment.

Comment est-ce que WHAT THE CUT a évolué et s’est construit au cours du temps ?

Un peu comme tout projet je pense, petit à petit. Avec des idées, avec la réaction des gens, de mon entourage, mes réactions à moi. Je découpe en fait WHAT THE CUT en plusieurs périodes, mais c’est seulement dans ma tête. De l’épisode 1 à l’épisode 9 inclus, la première période de l’émission, ils étaient tous un peu dans le même genre, dans le noir et tout. Ensuite il y a la période de l’épisode 10 à l’épisode 21, période où j’ai commencé à avoir une lumière et où l’émission était un peu plus développée, avec l’arrivée entre autres de Richard et de Samuel. Il y a l’épisode 22, qui est une période à lui tout seul, où je suis passé à la HD et où j’ai tenté de faire des scènes illustrées en dehors de ma chambre. Puis il y a la période de l’épisode 23 à l’épisode 29 inclus, pendant laquelle la chaîne a vraiment décollé et où les gens ont commencé à me connaître avec les vidéos les plus cultes. De l’épisode 30 à l’épisode 33, c’est à partir de là que le générique a changé, avec une très légère intro avant et où j’ai travaillé un peu plus les épisodes. Enfin, à partir de l’épisode 34, j’ai commencé à faire une véritable intro, et pour moi qui souhaite faire de la fiction j’ai trouvé ça vraiment génial. Avec les épisodes suivants, tout a vraiment changé, que ce soit au niveau du format ou de la chaîne YouTube, vu que les vidéos sont plus rares.

Dans tes dernières vidéos tu consacres beaucoup plus de place à ton univers, notamment avec les introductions. Tu peux nous parler de cette évolution ?

Je ne sais pas comment j’en suis arrivé là. J’ai toujours voulu faire de la fiction. J’ai commencé à faire de petites intros et, à partir de l’épisode 34, je parlais avec mon ami Nyo de l’introduction et il m’a dit qu’il avait un pote qui pouvait nous permettre de tourner sur un terrain d’airsoft avec de fausses armes. Du coup on a écrit le scénario à deux – c’est l’une des seules fois où j’ai écrit avec quelqu’un – et en faisant ça je me suis dit que c’était un bon terrain d’expérience. Cela me donnait la possibilité de faire des choses nouvelles, différentes et de gagner de l’expérience en tant que réalisateur.

Quel est ton avis sur la régularité des vidéos ?

Tout dépend de tes priorités. La régularité est une bonne chose. Les bons côtés, c’est que cela fidélise le public à ta chaîne. Cela fait grimper drastiquement ton nombre d’abonnés, donc ton nombre de vues, donc l’argent que tu gagnes. Ce n’est pas tant la faute des créateurs, mais plutôt de YouTube et de ses algorithmes. YouTube veut que l’on fasse des vidéos tous les jours parce que ça leur fait gagner plus d’argent. Je suis donc d’accord pour dire que des vidéos comme celles-là doivent exister, mais le problème réside dans le fait qu’avec ce système il y a finalement très peu de place pour les autres vidéos, celles qui prennent du temps à être faites, fignolées. J’aimerais bien pour ma part que tout existe et soit favorisé de la même façon. On est effectivement face à un fonctionnement qui fait que, si tu ne sors pas de vidéos tout le temps, tu ne vas peut-être pas pouvoir manger, tout simplement. Faire des vidéos aussi nombreuses et aussi vite peut clairement abaisser leur qualité. En plus, le public est ultra habitué à ce qu’il y ait des vidéos tout le temps et que ça pompe en permanence. Au final, tu peux être très démoralisé à cause de ça. Pour ma part, j’ai vécu des périodes d’énormes déprimes parce que je ne me sentais pas encouragé dans ce que je voulais faire. Je pensais que le public était là pour soutenir une personne dans ses projets, et au final ça a brisé pas mal de mes illusions, parce que non. La majorité du public m’a soutenu, mais une minorité tout de même nombreuse et très bruyante, non. Le public ne veut pas spécialement de la qualité, mais du contenu. On est en train de répéter ce qui se passe à la télévision. On dit qu’on est sur Internet et que l’on fait ce qu’on veut, mais au fond c’est faux. Si les gens faisaient vraiment ce qu’ils voulaient, on n’aurait pas une uniformité des contenus et des sorties aussi souvent. Là, ce dont nous parlons, c’est 99 % de YouTube. Au final, on est face à des créateurs qui, à cause du système, « doivent » sortir des vidéos.

Quel est ton avis sur les différents financements des vidéastes ? Sponsors, publicités, publicités déguisées, financements participatifs, Tipeee…

Dans tous les cas il n’y a aucun modèle qui est 100 % bien. Il y a un gros manque dans la législation publique. On dépend intégralement d’entreprises privées, que ce soit par YouTube, AdSense ou par les autres biais. Ce manque au niveau de la législation est très certainement l’un des grands défis pour le futur. MisterJDay en parle beaucoup également. Moi j’ai beaucoup de mal avec la pub. On est abreuvés de pubs tout le temps. Ce que je trouve bien avec le financement participatif c’est que quelqu’un comme Usul, qui sort très peu de vidéos – une tous les trois ou quatre mois, mais elles sont ultra-longues, très travaillées avec beaucoup de renseignements –, ne pourrait jamais faire ça s’il dépendait de la pub. Sa page Tipeee lui permet de se consacrer à ça pour produire un contenu de qualité, bien monté et bien rythmé. Je suis plus un partisan du financement participatif, je trouve ça plus sain, mais ça reste aussi imparfait.

Est-ce que tu fonctionnes avec un network et pourrais-tu nous en parler ?

J’ai effectivement un network. Il m’aide sur de nombreux points, par exemple lorsque j’ai un claim sur une vidéo, lorsqu’une vidéo est démonétisée ou si je me retrouve avec un problème de droits. Ils peuvent aussi me proposer des opés, des placements de produits, ce genre de choses. Mon network est très à l’écoute et sait parfaitement ce que je fais et ce que je souhaite faire. Il ne me propose que des choses qui m’intéressent. Il s’occupe de choisir et de placer les publicités avant mes vidéos, afin qu’elles soient intelligemment ciblées et afin que le CPM, c’est-à-dire le « coût par mille », permette  une rémunération plus intéressante. Il est également à l’initiative de quelques événements. J’ai notamment fait une conférence au Forum des images à Paris, et c’est assez intéressant. Après tous les networks ne se valent pas. Il y en a qui ont des pratiques dégueulasses et d’autres qui sont plus propres. Il y a à boire et à manger, et il faut faire très attention à ce que l’on signe. Pour moi, c’est très important de connaître les personnes avec lesquelles on travaille. Il faut se voir et boire des coups ensemble afin de fonctionner sainement.

Que penses-tu du fait que l’on vous appelle les YouTubers ?

Moi, vraiment, je me bats tous les jours pour essayer de faire en sorte que notre forme d’expression ne soit pas associée à une marque. Je trouve ça dommage que ce soit toujours employé. J’ai un petit peu de mal avec le fait que notre forme d’expression soit forcément associée à une marque privée américaine. Le terme « YouTuber » fait vraiment effet de mode.

Si jamais YouTube disparaît, comment est-ce qu’on va les appeler les créateurs ?

C’est vraiment une mode, ça ne représente pas du tout cet essor. Ce qui est incroyable, c’est que je ne sais pas trop comment ce terme est apparu étant donné que YouTube ne l’utilise jamais. Lorsque tu vas dans le YouTube Space, ils ne te parlent jamais de YouTubers, ils parlent constamment de créateurs. Je pense qu’à un moment donné il faudrait peut-être arrêter d’utiliser ce terme. Quelqu’un qui fait des vidéos sur France 3, on ne l’appelle pas un FranceTroiseur… Il ne faut pas sombrer dans la facilité, je pense, et choisir plutôt de dire que l’on fait des vidéos sur Internet ou que l’on est vidéaste.

Quel est ton lien avec Mathieu Sommet ?

Il y a un sous-entendu dans cette question ? Ah ah ! C’est très marrant parce que, Mathieu, je l’ai connu lorsque je commençais à faire des vidéos. Je ne connaissais pas Salut les Geeks et des gens m’ont dit que je plagiais cette émission. Du coup, je me suis demandé ce que c’était et je suis allé voir. Effectivement, le concept était carrément le même à la base et je lui ai envoyé un message sur Facebook pour lui présenter ce que je faisais et lui expliquer que je ne le plagiais pas. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas du tout de souci et, le soir même, on a discuté sur Skype. Par la suite on s’est retrouvés à la Japan Expo et un soir on a pris une énorme cuite ensemble ! On est quand même assez différents sur de nombreux points, mais on a également des points communs qui sont finalement plus forts que ces différences. Putain, ça sonne comme une chanson nulle à chier dit comme ça ! On est souvent d’accord sur de nombreuses choses, même si on a quelques désaccords. C’est un très bon pote. Et donc, non, on ne couche pas ensemble ! On joue de notre fausse rivalité amour un peu nulle !

Quels sont les vidéastes que tu aimerais faire découvrir au plus grand nombre ?

Every Frame a Painting pour les chaînes en anglais. Ce sont vraiment des analyses sur le cinéma extrêmement intéressantes et sous-titrées en français. Il n’y a aucune raison de rater ça. Pour les Français, il y a LeGrabuge, DanyCaligula, Laurine Sassano, Lily Adams, ET BIM, Yes vous aime, PILOTE, Histoire Brève, Sofyan Boudouni, AYEAH!, Marc Papeghin, Sammy Paul, Nexus VI, Bill Wurtz, L’Originale. Et plein d’autres…

7 novembre 2017
par Colette
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[Guide des YouTubers] Découvrez l’interview du Fossoyeur de Films !

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Antoine Daniel, Audrey Marshmallow, poisson fécond, Le Joueur du Grenier et Fabien Fournier de Noob, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

Crédit photo : Thomas O’Brien – www.thomasobrien.fr

Le Fossoyeur de films émissions, critiques, podcasts

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : GHOST IN THE SHELL – LE COEUR ET L’ÂME // 3 FILMS DE FIN DU MONDE À (RE)DÉCOUVRIR // LES FILMS EN RÉALITÉ VIRTUELLE, C’EST DU CINÉMA ? //
À l’origine de cette chaîne se trouvaient deux projets : « Dead Watts », des créations musicales, et Le Fossoyeur de films, une émission spécialisée sur le cinéma de genre. C’est aujourd’hui principalement grâce à ce dernier axe que son créateur, François Theurel, s’est fait connaître. Le principe est tout indiqué : le Fossoyeur déterre des sujets, à l’aide de sa pelle, la bien nommée « Pupuce », afin d’en discuter et de donner son avis. Le vidéaste propose plusieurs types de vidéos : l’émission elle-même, avec des films ou des thématiques précises, des après-séances, où il donne son avis à chaud sur un film qu’il vient de voir au cinéma, ainsi que des bêtisiers. Les analyses sont fines et travaillées.

INTERVIEW !

Quels sont les vidéastes qui inspirent le plus ton travail ?

À la base, j’ai été inspiré par des gens comme Nostalgia Chick ou Spoony, des chroniqueurs américains. Sinon, je suis inspiré par plein de choses qui ne se limitent pas forcément à la sphère vidéaste. Mais je fais bien attention à ce que ces inspirations ne deviennent pas des influences, c’est le meilleur moyen de perdre sa propre patte !

Quand tu t’es lancé, avais-tu une idée précise de ce que serait ton personnage ?

Cette relation ambivalente à ta pelle par exemple… J’avais une idée précise du personnage lui-même, mais pas forcément de son évolution. L’apparition de la pelle est parti d’un gag puis s’est progressivement transformé en élément constitutif de cet univers.

Quelles ont été les évolutions de tes personnages au fil du temps ?

Concernant le Fossoyeur, on devine de plus en plus son background. Et, en termes de personnalité, je crois que son côté décalé de mec resté beaucoup trop longtemps tout seul se manifeste dans des saillies de plus en plus inattendues.

As-tu demandé ou suivi des conseils de proches ou de viewers pour faire évoluer tes personnages ? tes émissions ?

Généralement , non. J’ai une idée globalement assez précise de ce que je veux, donc j’essaie de suivre mon propre fil rouge. Lorsque je demande conseil, c’est plutôt sur des petites choses, des questions de forme, la tournure d’un gag dont je ne suis pas sûr. Ce genre de choses.

As-tu hésité avant de te lancer sur YouTube ? As-tu été poussé par quelqu’un ?

Je n’ai été poussé que par ma propre envie, qui a « maturé » pendant un certain temps sans que j’en aie forcément conscience. Au bout d’un moment, je me suis dit : Allez, hop ! c’est parti, et je me suis remonté les manches. Ça partait d’une envie d’écriture et de réalisation, mais aussi du constat que je ne voyais pas ce que j’avais envie de voir en tant que spectateur. Donc autant le faire moi-même !

Accordes-tu une grande importance au nombre de vues sur tes vidéos ?

Une importance au sens où on a toujours envie que nos contenus soient vus, oui. Mais pas une importance au sens où ça va déteindre sur les contenus eux-mêmes. Ça, c’est le grand risque, le meilleur moyen pour se perdre. Et, depuis le début, j’essaie de faire des contenus qui resteraient de toute manière les mêmes dans n’importe quelle circonstance, que j’aie 1 000 abonnés ou 1 million.

T’étais-tu fixé des objectifs en lançant ta chaîne ? Si oui, les as-tu atteints ?

Au début, l’objectif était juste de me faire plaisir, à aucun moment je n’ai pensé pouvoir en vivre pendant les premiers temps. C’est après, quand ça a pris de l’ampleur, que la perspective s’est présentée. Donc oui, j’ai rapidement atteint mon objectif de me faire plaisir !

Comment choisis-tu les vidéastes avec lesquels tu souhaites collaborer ?

Affinités humaines et créatives, tout simplement. Je n’ai aucune envie d’apparaître chez quelqu’un dont le travail ne me touche pas juste pour des raisons de visibilité.

Comment vis-tu ta notoriété ?

Tout est à relativiser, c’est le type de notoriété « raisonnable » qui est plutôt agréable à vivre, je n’ai pas non plus 3 millions d’abonnés. J’ai la chance d’avoir une communauté très cool, donc je le vis plutôt sereinement !

Que penses-tu de la télévision ?

Je ne veux ni tomber dans la diabolisation de la télévision ni dans le côté « martyr du Web ». Il n’y a pas de sot média. Par contre, il peut y avoir de sottes utilisations des médias. Et, oui, beaucoup de choses basses de plafond se font à la télévision, mais il existe encore quelques formats intéressants par-ci par-là.

Quels sont les vidéastes que tu aimerais faire découvrir au plus grand nombre ?

Alors ! Parmi ceux qui n’ont pas encore la visibilité qu’ils méritent et que je suis avec attention, il y en a un certain nombre. Je vais forcément en oublier quelques-uns, mais voici une première salve. French Food Porn, un humour culinaire décalé, NEXUS VI, une chronique de science-fiction, La Brigade du Livre, une chronique littéraire et de fiction fantastique, Raptus, des courts-métrages absurdes, Vled Tapas, pédagogue et musicien d’exception, Samai Cédlart, vulgarisation artistique onctueuse, Enjoy The Noise, chronique musicale affriolante, Creepy as Sh*t, émission lunaire sur la peur dans le jeu vidéo, Hokku, poésie visuelle.

2 novembre 2017
par Colette
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[Guide des YouTubers] Découvrez l’interview de Poisson Fécond !

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Antoine Daniel, Fabien Fournier de Noob, Audrey Marshmaloo, Le Joueur du Grenier et Le Fossoyeur de Films, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

Poisson Fécond – Chris, Podcasts, culture & savoir. 
VIDÉOS À NE PAS MANQUER : CHRIS : 5 TRUCS OBSCURS À SAVOIR SUR GOOGLE // CHRIS : 7 RECORDS (MONDIAUX) INSOLITES // CHRIS : 5 TRUCS À SAVOIR SUR LES BONBONS //
« Salut la poiscaille ! » vous dirait Chris, autrement connu sous le nom de Poisson Fécond. Adepte des vidéos instructives, ce vidéaste bien connu de la Toile va vous apprendre une tonne de choses. Les sujets sont nombreux, très variés et traités avec une pointe d’humour. Pour réaliser ses vidéos, le vidéaste s’appuie sur des sources sérieuses qu’il précise systématiquement en barre d’infos. À la fin de ses réalisations, Chris a l’excellente particularité de faire découvrir de jeunes YouTubers dont il apprécie le travail.

INTERVIEW !

Qui es-tu ?

Je m’appelle Chris, qu’on connaît aussi sous le nom de Poisson Fécond sur YouTube, où j’ai la chance de rencontrer une certaine popularité.

D’où viens-tu ?

J’ai habité pendant vingt-six ans en banlieue parisienne, dans la « charmante » petite ville de Pantin, avec mes parents. À part avec ma famille, une ville où je ne conserve que peu d’attaches et de regrets.

Où vas-tu ?

De l’avant, je suppose ? Ah, non ! j’en suis sûr, vers des projets grandioses !

Le plus beau jour de ta vie ?

Quand j’ai pu enfin voler de mes propres ailes et partir de chez moi – vous savez, vingt-six ans chez papa-maman… Quoique, sur l’instant, je n’étais pas forcément au summum du bonheur non plus.

Ton pire cauchemar ?

Me retrouver sur mon lit de mort en me rendant compte que je n’aurais pas accompli suffisamment de mes rêves.

Des phobies ? ou des TOC ?

Quand j’étais plus jeune, j’en avais pas mal. Du style racler les murs avec le bout de mes doigts. Je vous laisse imaginer leur état. Ou ouvrir et fermer la porte une dizaine de fois. Sinon, ça allait !

Quelles sont les passions qui t’animent ?

Apprendre continuellement, avec ce sentiment très agréable de me remplir l’esprit et de le combler. Et offrir aux autres cette sensation, en leur enseignant.

Ton pire défaut ?

Quand j’étais plus jeune, j’avais du mal à concrétiser mes projets. Ce qui fait qu’ils s’entassaient par dizaines, une vraie épidémie !

Si tu n’avais pas été vidéaste, à quoi te destinais-tu ?

Professeur des écoles, ou psychologue, probablement. Vous remarquerez la cohérence qui semble se dessiner avec certaines réponses précédentes…

Ta citation favorite ?

J’utilisais souvent celle-ci avant, en signature dans les forums de discussion : « Seules les eaux calmes ont une réflexion sans distorsion. »

Tes films cultes ?

Interstellar, pour le plus récent. J’ai mauvaise mémoire sinon !

Parmi toutes tes vidéos, quelle est celle que tu préfères ?

Je vous avais déjà dit que j’ai mauvaise mémoire ?

Quels sont les vidéastes qui inspirent le plus ton travail ?

Je regarde un peu de tout, mais pas en grosses quantités. Et je regarde aussi souvent pour essayer de ne pas faire pareil. Mais, par exemple, des types comme Karim Debbache avec son émission CHROMA mérite le coup d’oeil, parmi tant d’autres.

Quand tu t’es lancé, avais-tu une idée précise de ce que tu souhaitais faire avec ta chaîne ?

Dès le départ, je voulais concilier le fait d’enseigner des choses aux gens, tout en apportant une touche de légèreté et d’humour, pour que cela soit plus agréable à regarder. Une sorte de cours idéal, pour ainsi dire !

As-tu demandé ou suivi des conseils de proches ou de viewers pour faire évoluer tes émissions ?

Si, par « proches », cela englobe mes parents, alors non car ils ont ignoré ce que je faisais pendant assez longtemps. Pour mes viewers, cela dépend. Je peux demander des avis, ou jauger de la température quand une vidéo sort, histoire de voir si elle plaît ou non. Et ajuster certaines choses au besoin.

As-tu hésité avant de te lancer dans la vidéo sur le Web ? As-tu été poussé par quelqu’un ?

Oui, j’ai longtemps hésité. Je ne savais pas comment tourner la chose. Mais des types comme Norman ou Cyprien, qui débutaient alors, m’inspiraient. Je voulais faire des sortes de podcasts éducatifs, mais je n’avais aucune compétence dans le montage, ou la mise en scène. Donc je partais de zéro !

Accordes-tu une grande importance au nombre de vues sur tes vidéos ?

Cela reste important, c’est certain. Après, étant donné que la vidéo est déjà sortie pour qu’elle fasse des vues – logique –, on ne peut de toute façon que constater. Donc, c’est un facteur que je regarde parmi tant d’autres. Et si une vidéo fait moins de vues qu’une autre, tant que ce n’est pas catastrophique, ça ne m’empêchera pas d’en faire d’autres sur le sujet !

T’étais-tu fixé des objectifs en lançant ta chaîne ? Si oui, les as-tu atteints ? Au bout de combien de temps ?

Au lancement, cela commence à remonter maintenant à des années, je voulais réussir. Mais sans savoir quels mots je plaçais derrière ça. Plus tard, je voulais en vivre. Et j’ai réussi. Ensuite, je me suis fixé le palier des 100 000 abonnés. Puis celui du million. Aujourd’hui, je me fixe le palier des… 10 millions. Ce n’est pas pour tout de suite !

As-tu déjà effectué des caméos ?

Oui, à quelques reprises. Après je ne recherche pas spécialement ça, donc ça m’importe peu !

Comment choisis-tu les vidéastes avec lesquels tu souhaites collaborer ?

Si j’apprécie leur travail et si je suis disponible, essentiellement.

Sur quels critères sélectionnes-tu les sujets que tu abordes dans tes vidéos ?

En surfant sur Internet, je note parfois des trucs dingues que je vois. Ce qui peut me donner des idées pour de futurs thèmes. Sinon, mes abonnés peuvent aussi m’en proposer, que je note. Ou encore, quand je fais une opération commerciale, comme des placements de produits – bien qu’assez rarement –, j’essaie de faire en sorte que la vidéo soit en adéquation avec le produit ou service mis en avant.

Que penses-tu de la télévision ?

Un grand média qui a été très critiqué en son temps, qu’on accusait de tous les maux, lorsqu’il est apparu. Internet et YouTube sont aussi passés par là. Et, comme sur Internet, il y a à boire et à manger. À titre personnel, je n’ai pas de télévision chez moi, mais il m’arrive de revoir des reportages ou documentaires en replay sur Internet.

Que sont devenus le « Psychopathe », « Tueur à gages » ou « l’Extraterrestre» ?

Les surnoms qu’on me donnait au lycée, donc ! Ils se sont reconvertis et ont trouvé une louable utilité sur ma chaîne YouTube.

Y a-t-il une vidéo que tu souhaites réaliser depuis longtemps ?

Des courts-métrages avec des effets spéciaux qui défoncent, et un scénario en béton armé.

Les trois trucs qu’il faut absolument savoir te concernant ?

Je suis créatif, perfectionniste et ambitieux. Et j’ai une flemme monstrueuse pour le repassage et la vaisselle.

Que représente exactement le symbole de ta société — et ton plus beau tatouage —, l’ankh avec des ailes ?

C’est une croix de vie égyptienne, à laquelle on a greffé des ailes. J’adore l’Égypte antique, et ce symbole m’inspire beaucoup. On lui met un aspect plus céleste et le compte est bon !

2 novembre 2017
par Colette
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[Guide des YouTubers] Découvrez l’interview d’Audrey Marshmaloo

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Antoine Daniel, Fabien Fournier de Noob, poisson fécond, Le Joueur du Grenier et Le Fossoyeur de Films, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

Audrey Marshmaloo – mode & beauté

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : TUTORIEL : SWEET PEACH PALETTE // MES CONSEILS POUR DEVENIR YOUTUBEUSE #MMC // EXTENSIONS MICRO LOOPS + COULEURS PASTELS //
Audrey Marshmaloo est une YouTubeuse expatriée à Bruxelles qui a fondé sa chaîne il y a quelques années déjà. Responsable marketing digital pour une société de diététique, c’est tout naturellement qu’elle s’est tournée vers YouTube et la vidéo, un milieu qui lui a apporté de l’assurance, mais qui lui a également permis de rencontrer énormément de monde, de partager et même parfois d’aider grâce à ses conseils et son expérience. Audrey transmet effectivement à travers ses vidéos un message fondamentalement positif et plein de bonté. Pour elle, « le plus beau make-up d’une femme est son sourire », et elle souhaite par-dessus tout que chaque membre de sa communauté se rende compte que son propre bonheur est unique et qu’il n’a pas besoin d’idéaliser celui d’une autre personne. Ses tutoriels, ses vlogs, ses revues, ses sujets bien-être et toutes ses autres vidéos vous feront passer un très bon moment.

 

INTERVIEW !

Qui es-tu ?

Je m’appelle Audrey, j’ai 34 ans et je suis expatriée à Bruxelles. Je suis créatrice de contenu digital.

Le plus beau jour de ta vie ?

Je pense que cela va faire cliché, mais je dirais le jour de mon mariage ; c’était très symbolique pour moi malgré le fait que je ne pense pas que le mariage soit une preuve d’amour.

Des phobies ? ou des TOC de vidéaste ?

J’ai très peur du noir, je regarde des films d’horreur depuis mes 10 ans, et je pense que j’ai nourri cette peur en continuant à regarder ce genre de film. En tant que YouTubeuse, ma peur extrême est de faire une vidéo, mais d’avoir oublié de mettre « enregistrement ».

Cinq passions qui t’animent ?

La toute première je dirais la vidéo, créer et m’amuser à monter. La beauté vient en deuxième puis le cinéma, les jeux vidéo, les voyages.

Ton pire défaut ?

Mon manque de confiance en moi, mais je travaille dur dessus.

Si tu n’avais pas été YouTubeuse, à quoi te destinais-tu ?

Je pense que j’aurais continué dans le marketing digital strategy, ce qui était mon métier il y a encore peu. Je me lance tout fraîchement à plein-temps dans ma passion, qui est devenue mon métier.

Ta citation favorite ?

« Je voudrais voir le monde dans un grain de sable, Et le paradis dans une fleur sauvage, Tenir l’infini dans la paume de ma main, Et voir l’éternité durer une heure. » Elle est tirée du film Tomb Raider, que j’ai beaucoup aimé. À l’origine, on la doit à William Blake.

Parmi toutes tes vidéos, quelle est celle que tu préfères ?

Je n’aime pas une vidéo en particulier, mais j’aime celles que je fais avec mon chéri, mes amies ou ma communauté, car ce sont des souvenirs tellement forts que ce sont celles que j’aime le plus.

Tu es très sincère et adorable au sein de tes vidéos. Si on te demandait, là maintenant, de dire quelque chose à la personne qui lit ces lignes, sans la connaître, qu’est-ce que ce serait ?

Je lui dirais qu’elle est une personne unique et que j’espère qu’elle en est consciente. Beaucoup de personnes s’oublient de nos jours et c’est dommage.

Quels sont les YouTubers, YouTubeuses ou personnalités qui inspirent le plus ton travail ?

Je suis très inspirée par la mentalité et la communauté anglo-saxonne, qui est de se soutenir plutôt que de se tirer dans les pattes. Je dirais donc Zoella, Klaire de Lys, et bien d’autres. Pour les Françaises, j’admire le travail de Sananas2106, que j’ai la chance de connaître – j’aime sa positivité –, ainsi que de mes amies Sandrea26France et Noemiemakeuptouch.

Quand tu t’es lancée, avais-tu une idée précise de ce que tu souhaitais faire sur le Net ?

Non, j’ai commencé juste pour partager, ce que je continue de faire ; je voulais pouvoir discuter, et, en toute honnêteté, jamais je n’aurais pensé pouvoir en faire mon métier. Je suis très chanceuse.

Quelle est la motivation sous-jacente à ta chaîne ? On sent effectivement que tu envoies beaucoup d’ondes positives à tes abonnés…

Ma motivation profonde, au-delà du partage simple et pur, est de montrer aux gens qu’ils doivent croire en eux, qu’ils doivent comprendre que malgré tout ce qu’on voit sur le Net ou à la télé ils existent, qu’ils ne doivent pas prendre le bonheur des autres pour une chose universelle. Nous avons tous notre propre définition du bonheur et de la réussite, ce qui arrive à Paul n’est pas forcément ce qui nous arrivera, mais nous n’avons pas pour autant raté notre vie. Je voudrais que les gens soient simplement heureux.

As-tu demandé ou suivi des conseils de proches ou de viewers pour faire évoluer ton contenu ?

Oui, bien entendu, j’aime apprendre ; évoluer est dans ma conception de l’avancement de ma vie, et je le souhaite à chacun d’ailleurs. J’écoute beaucoup les envies de ma communauté, et je prends tous les conseils possibles dans la vie.

Qu’est-ce que ta chaîne représente pour toi ? Et qu’est-ce qu’elle a apporté dans ta vie ?

Ma chaîne c’est une histoire d’amour, un bébé on va dire, et elle m’a apporté de bonnes comme de mauvaises choses. Mais la vie c’est un peu ça, on sait reconnaître le bonheur quand on a connu des choses douloureuses, c’est un peu comme le yin et le yang. J’ai appris à prendre confiance en moi, à m’ouvrir, et surtout à créer une communauté de passionnés en or.

Tu t’es engagée pour l’éducation des jeunes filles et des femmes. Est-ce que tu peux nous en parler ? C’est un sujet qui te tient particulièrement à coeur ?

Oui c’est la deuxième année pour laquelle je m’engage auprès de l’association Toutes à l’école. Cela me touche car de nos jours beaucoup de personnes oublient la chance que nous avons d’avoir accès à l’éducation, c’est devenu « banal » et « normal » dans notre société, mais n’oublions pas que ce n’est pas le cas dans d’autres pays, et de voir ces jeunes femmes vouloir apprendre, s’épanouir dans le monde avec de belles connaissances, je trouve que c’est une noble cause.

Est-ce que tu as des projets pour l’avenir ?

Oui, j’ai beaucoup de projets et je me souhaite de les réaliser en temps voulu. J’aimerais créer une marque ou une collection à mon nom, dans le domaine de la beauté ou la mode. Mais si on parle de choses concrètes et plus proches, de belles surprises vont arriver, notamment des voyages.

Travailles-tu avec des marques ? Peux-tu nous donner ton avis sur ce mode de fonctionnement sur YouTube ?

Oui, bien sûr, avec des marques mais uniquement que j’affectionne personnellement et dans lesquelles je crois. Je travaille dans le respect de ma communauté, j’ai une ligne éditoriale, et je n’en dévie jamais pour ne pas tomber dans des travers. Je respecte trop mes abonnés, la valeur de l’argent et aussi mon intégrité pour faire n’importe quoi.

Que penses-tu de la télévision en comparaison de YouTube ?

Je respecte chaque domaine, que ce soit la presse papier, la télé ou le Web, nous avons tous notre place je pense.

Y a-t-il une vidéo que tu souhaites réaliser depuis longtemps ?

Oui, une vidéo pour aider nos jeunes à croire en eux. Et en termes de collaboration je dirais avec toutes mes copines !

Quels sont les vidéastes que tu aimerais faire découvrir au plus grand nombre ?

Il y en a plein ! Je dirais Barbara F qui fait de super DIY, Alice Esmeralda, qui fait des recettes de folie, MademoiselleBlush pour la coiffure, Ariana Aceli pour son univers très pin-up… mais j’en aime tellement !

2 novembre 2017
par Colette
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[Guide des YouTubers]Découvrez l’interview de Karim Debbache !

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Fabien Fournier, Antoine Daniel, Audrey Marshmallow, poisson fécond, Le Joueur du Grenier et Le Fossoyeur de Films, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

Karim Debbache – émission & critiques

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : CHROMA S01.10 GREMLINS // CHROMA S01.09 DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT // CHROMA S01.08 PIÈGE À HONG KONG //
Karim Debbache compte assurément parmi les vidéastes les plus talentueux en matière de cinéma, et ses émissions sont extrêmement bien écrites, dynamiques et instaurent dans chaque vidéo une ambiance personnelle et travaillée. C’est avec CROSSED, une série de chroniques, qu’il s’est d’abord fait connaître. Il y proposait des critiques et analyses de films adaptés de jeux vidéo. En 2015, il s’est lancé dans un nouveau concept sur Dailymotion : CHROMA. Proposant des chroniques de cinéma, cette nouvelle émission a repris certaines clés de CROSSED tout en les améliorant. Pendant une vingtaine de minutes, accompagné de Gilles et de Jérémy, Karim perce l’écran par son humour et ses commentaires techniques. Il est également connu pour participer à la réalisation des vidéos du Joueur du Grenier.

INTERVIEW !

Qui es-tu ?

Je suis Karim Debbache, vidéaste qui travaille actuellement sur Internet avec Gilles et Jérémy. Au départ j’ai commencé par une formation en audiovisuel avec un BTS professionnel en montage.  Suite à ça, j’ai bossé dans plein de trucs : j’ai fait du montage, de l’étalonnage, des effets spéciaux, des affiches. Un peu de tout en fait. Et puis après j’ai commencé à faire des vidéos sur Internet.  Au départ c’était en 2011 avec Usul sur jeuxvideo.com, pour le « 3615 Usul » : c’est lui qui écrivait et présentait, c’est moi qui réalisais. Dans la foulée, j’ai commencé à bosser avec Joueur du Grenier. Et puis j’ai lancé ma propre émission avec Gilles en 2013, également sur jeuxvideo. com, qui s’appelait CROSSED.

D’où viens-tu ?

Je viens de Boulogne-Billancourt, dans le 92. La meilleure des villes !

Où vas-tu ?

Vers de meilleurs lendemains !

Le plus beau jour de ta vie

Oh putain ! c’est horrible comme question ! Jérémy, aide-moi, c’est quoi le plus beau jour de ma vie ? Ça devrait avoir un rapport avec ma maman. Je pense que c’est le jour où je me suis rendu compte que ma maman m’aimait vraiment beaucoup. C’était un jour où je jouais à Link to the Past, et elle y jouait aussi. Par erreur, elle a effacé ma sauvegarde. Du coup, elle avait passé le week-end à monter une nouvelle partie pour me faire revenir au point où j’en étais alors que j’étais chez mon grand-père. Et là je me suis dit : J’ai la meilleure maman du monde.

Ton pire cauchemar ?

Je pense que c’est le jour où j’ai rêvé que je me faisais poursuivre par le sanglier de Razorback. Je m’en souviens encore aujourd’hui.

Des phobies ? ou des TOC de vidéaste ?

J’ai la phobie des insectes dégueulasses. J’aime pas les insectes dégueulasses, de type insectes dégueulasses. Tout ce qui peut entrer dans cette catégorie, je n’aime pas !

Cinq passions qui t’animent

Le cinéma ! La musique beaucoup et le rap, la bande dessinée, le comics avec les super-héros, et les jeux vidéo évidemment !

Si tu n’avais pas été vidéaste et humoriste, à quoi te destinais-tu ?

À faire de l’audiovisuel, de la postproduction et du montage. Pas en tant que créateur, mais en tant que technicien. Depuis très longtemps je me destinais à ça.

Ta citation favorite

C’est trop dur ! Godard, c’est trop facile, j’arrête pas de le citer partout. Mais tant pis, je continue avec lui : « Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma
on parle de tout, on arrive à tout. »

Quels sont tes cinq films cultes ?

Alors franchement, cinq, je vais avoir du mal ! Mon premier c’est Les Affranchis, c’est mon film préféré de tous les temps, qui m’a fait apprécier le cinéma. Après c’est Akira, mon film d’animation préféré. Ensuite Blade Runner, Die Hard et Chungking Express – parce que c’est important de mettre du cinéma hongkongais dans la liste.

Quel est le film qui a changé ta vie ?

Je dirais qu’il s’agit des Affranchis, bon, du coup, ça fait un peu répétition, mais c’est ça. Je ne me rendais pas compte à l’époque que tu pouvais faire des trucs aussi barrés au cinéma. Après il y a Kubrick, qui m’a permis de comprendre l’importance du rôle d’un réalisateur au cinéma.

Quel est le film qui t’arrache une larme ?

Le Tombeau des lucioles… Si bien que je n’ai jamais pu le revoir. Je n’ai pas envie de rechialer.

Quel est le film qui te remonte à bloc ?

Bloodsport forcément !

Quel est ton « Jedi », ton maître à penser ?

Il y en a tellement ! Je pourrais te citer Kevin Smith, Fincher, Scorsese, Sergio Leone, Tarantino… Il y en a beaucoup trop pour n’en choisir qu’un ! Allez, disons Scorsese !

Quels sont les vidéastes qui vous inspirent pour votre travail ?

Notre inspiration, à la base, c’est Nostalgia Critic, un truc qu’on aimait beaucoup à l’époque. Je ne suis pas et nous ne sommes pas dans l’équipe de gros consommateurs de ce qui se fait sur Internet. Par exemple, quand on a commencé à travailler sur CROSSED, on avait eu une idée de concept. Après quelque temps, on s’est rendu compte qu’un concept similaire existait déjà chez AlloCiné avec Merci qui, c’est juste qu’on ne regardait pas ce qui se faisait.

Quand vous vous êtes lancés, est-ce que vous aviez une idée assez précise de ce que seraient vos personnages ?

Pas du tout ! Déjà, le deuxième personnage où je parlais en plus gros plan n’était pas réellement un vrai personnage. Tout ça a évolué : quand on a fait CHROMA, on a réfléchi à comment modifier CROSSED en ayant en tête la volonté de tout justifier. Jérémy, c’était pas prévu de le faire jouer l’idiot, mais c’est venu assez rapidement. Et Gilles en grand fan de Jurassic Park, c’est aussi venu de lui-même. Tout s’est progressivement mis en place parce qu’on en avait besoin en fait !

Avez-vous demandé des conseils à vos proches ou à des viewers pour faire évoluer votre contenu et vos personnages ?

Dans une certaine mesure on est à l’écoute de ce qu’on nous dit. Cela m’arrive de lire les commentaires et d’y répondre aussi, parfois, avec beaucoup de panache ! Après, des fois, certains commentaires nous permettent d’avoir une réflexion sur ce qu’on fait et si ça a du sens. On ne se laisse pas influencer, mais on réfléchit ! Il suffit de ne pas être dans une psychose de l’ego où on se sent agressés afin de faire du bon avec ce qu’on te donne tout en ayant un certain recul et la volonté de faire progresser son émission.

Est-ce que lorsque tu t’es lancé, Karim, tu as été poussé ou motivé par quelqu’un ?

J’ai été poussé par Gilles à un moment où j’avais des projets mais où je glandais que dalle. J’avais quitté mon taf avec la volonté d’écrire des trucs. Le chômage m’a permis de réfléchir à ce que je voulais faire. Gilles un soir m’a appelé et m’a dit : « Ce serait bien que tu fasses un truc » et du coup je me suis lancé.

Accordes-tu une grande importance au nombre de vues sur vos vidéos ?

Alors moi, non ! Je n’en ai strictement rien à foutre. Parfois Jérém’ me donne des infos, mais je m’en fiche. Nous avons eu la chance d’être financés par le crowdfunding donc globalement on s’en fiche. Pour le moment je suis très content : il y a plein de gens qui regardent, je sais qu’il y en a plein qui sont contents et ils sont suffisamment nombreux pour que ce soit cool. On ne s’était pas fixé d’objectifs en termes de chiffres ou autre, mais plutôt qualitatif afin de faire le mieux possible.

Quels sont vos épisodes préférés de CROSSED ?

On a pas mal de coups de cœur : « House of the Dead », « Wargame » et aussi « Resident Evil ». On a vraiment passé de super moments sur ces épisodes où on n’attendait qu’une seule chose au cours de la journée : se retrouver le soir pour continuer à bosser dessus. L’émission a vraiment beaucoup évolué au cours du temps et s’est également pas mal améliorée. Cela se ressent notamment au niveau du rythme. Si tu nous demandais le moins bien, on te répondrait « Postal ».

Comment s’est passée votre collaboration avec jeuxvideo.com ?

Ils ont vraiment été super cool tout du long. On connaissait en fait Cédric Mallet, le directeur, mais depuis le rachat par Webedia on ne connaît plus grand monde là-bas. Ils ne nous ont jamais posé de problèmes ou demandé de couper des trucs. On s’est sentis très soutenus.

Vu que tu es un peu la figure de proue, Karim, est-ce qu’il t’arrive de faire des caméos dans d’autres vidéos ?

Très peu au final. Ça m’est arrivé d’en faire pour des amis dans la vraie vie. J’en refuse pas mal parce que je n’ai pas envie de soûler les gens avec ma présence. Si je peux faire quelque chose, et le faire bien, pourquoi pas, ou alors pour dépanner. Mais être surreprésenté je ne trouve pas ça génial. Je travaille plus avec des gens avec qui je m’entends bien et avec qui je peux passer des moments cools.

Est-ce que ta notoriété change des trucs ?

Oui, mais ce n’est jamais trop intrusif. Je ne sais pas si c’est parce qu’il n’y a que des gens cools qui nous regardent, mais les gens pas cools ne nous arrêtent pas dans la rue. Je n’ai jamais été dérangé par des gens qui viennent m’arrêter dans la rue, au contraire je trouve ça plutôt cool. Sinon je ne suis pas présent sur les conventions. Je comprends pas comment les gens trouvent le temps d’y être, je suis totalement pris par CHROMA, du coup je n’ai clairement pas le temps ! Je préfère rencontrer les gens autour d’un objet, aller voir un film par exemple, plutôt que cet objet, ce soit seulement moi. Je ne pense pas que ma présence devrait être quelque chose de payant.

Que pensez-vous de la télévision ?

La télé en soi, pour nous, c’est un objet qui transmet des images. Aujourd’hui elle est très variée et tu peux trouver des trucs consternants comme tu peux trouver des trucs magnifiques ! Il y a des choses bien qui existent partout. Il n’y a pas de jugement de valeur à apporter à un média plutôt qu’à un autre. Après, c’est vrai que parfois tu sens une condescendance vis-à-vis de YouTube et de son contenu à la télévision. Du coup, tu ne comprends pas forcément pourquoi, étant donné que la télé ce n’est pas non plus LE média noble. Après il y a un penchant bizarre qui est que de plus en plus les chaînes de télé draguent les YouTubeurs pour les avoir sur leurs plateaux. Il y a sûrement un problème de fracture générationnelle. Puis ils te donnent l’impression de t’anoblir en te faisant passer à la télé, de procéder à une espèce d’adoubement alors que moi, personnellement, je m’en fous.

Quels sont les vidéastes que vous aimeriez faire découvrir au plus grand nombre ?

BiTS est vraiment super sympa ! Après c’est un programme Internet produit par la TV, donc ce n’est pas un amateur. Il y a aussi Every Frame a Painting qui est vraiment cool.