Le Blog de Castelmore

Bienvenue ! Vous pourrez suivre ici toute l'actualité de nos auteurs et de leurs romans.

[Guide des YouTubers] Découvrez l’interview de Fabien Fournier, créateur de la web-série Noob !

| 0 Commentaires

Pour fêter la sortie de la deuxième édition de l’indispensable Guide des Youtubers réalisé en collaboration avec Geekmemore.com, on vous propose de (re)découvrir une série d’interviews réalisées l’an dernier, pour Le Guide des Youtubers 2017 ! Retrouvez les interviews de Karim Debbache, Antoine Daniel, Audrey Marshmallow, poisson fécond, Le Joueur du Grenier et Le Fossoyeur de Films, et bien sûr, l’édition 2018 du Guide, qui parlera également cette année podcasts, et qui sortira en librairie le 15 novembre !

NOOB ,web-série.

VIDÉOS À NE PAS MANQUER : NOOB : SAISON 1 INTÉGRALE – 1H57 // NOOB : SAISON 2 INTÉGRALE – 2H19 // NOOB : SAISON 3 INTÉGRALE – 2H34 //
Noob est une web-série qui a débuté en 2008 et qui a été diffusée pour la première fois sur la chaîne Nolife. Elle compte cinq saisons complètes ainsi que deux films. Après avoir vu une publicité pour le MMORPG Horizon 1.0, une joueuse, Gaea, décide de se lancer dans l’aventure et d’acheter le jeu. Là elle va faire la rencontre de Sparadrap, un soigneur d’une naïveté et d’une maladresse déconcertantes, qui va lui proposer de rejoindre la pire guilde du serveur, la Guilde Noob. Avec Arthéon, le chef de ladite guilde, ancien guerrier de niveau 100 qui s’est fait supprimer son personnage, et Omega Zell, un assassin incontestablement macho et sûr de lui, elle va tenter de progresser dans le monde d’Olydri. Avec une telle équipe de bras cassés, c’est mal parti. La web-série est véritablement délirante et a gagné en qualité et en profondeur au cours du temps. Délires, « noobismes » et bons moments en perspective.

INTERVIEW !

Qui es-tu ?

Je suis Fabien Fournier, auteur transmédia toulonnais, créateur notamment de Noob et de Neogicia.

Le plus beau jour de ta vie ?

Le 27 juillet 2013, jour de mon mariage avec Anne-Laure (Gaea dans Noob).

Des phobies ? ou des TOC de vidéaste ?

L’obsession de tout faire pour ne pas avoir de regrets plus tard.

Cinq passions qui t’animent ?

L’écriture, la réalisation, les mangas et animés japonais, les séries et le cinéma américains, les jeux vidéo.

Ton pire défaut ?

Je m’engage dans des projets parfois trop ambitieux, au détriment de ma santé.

Si tu n’avais pas été vidéaste, à quoi te destinais-tu ?

Si on suit la logique de mes études, j’aurais été juriste en droit des médias et propriété intellectuelle.

Ta citation favorite ?

« Rien qu’une seconde, s’enflammer comme un éclair ! » de Poppu dans Dragon Quest Daï no Daiboken. Il s’agit d’un de mes mangas favoris. Je l’ai lu pile au bon âge et ce passage représente toute la quintessence du shōnen qui m’est si cher.

Parmi toutes vos vidéos, quelle est celle que tu préfères ?

Ma préférence va à la trilogie Noob, symbole d’une belle aventure, passage d’un nouveau palier technique, artistique et conclusion d’un cycle après huit ans de travail.

Avec Noob, on parle de MMORPG, alors est-ce que tu pourrais nous dire quel est LE MMORPG, le véritable et indétrônable ?

World of Warcraft, sans hésiter. Déjà, parce que les faits parlent d’eux-mêmes, il est au sommet depuis des lustres, il a inspiré ses pairs, a résisté aux assauts de tous les MMORPG souhaitant la place de numéro un et, surtout, parce que son univers transmédia est immensément riche et habilement mené.

Si tu avais dû être un autre personnage dans Noob, de qui se serait-il agi ?

Mon jeu d’acteur ne m’aurait pas laissé beaucoup de choix, mais, si on devait oublier ce paramètre, alors Omega Zell. C’est le personnage shōnen par excellence. Sa progression est à la mesure de sa détermination.

Le plus gros boss de ta vie ?

Les Armes Émeraude et Rubis dans Final Fantasy VII. Les vaincre n’a pas été facile, mais le jour où on y est parvenus avec les copains on a réellement exulté.

Quels sont les vidéastes ou personnalités qui ont inspiré le plus votre travail ?

Il y en a deux. D’abord Alex Pilot, créateur des Bitoman, puis cocréateur de la chaîne Nolife. C’est lui qui m’a donné envie de me lancer dans le film amateur lorsque j’ai découvert ses premières vidéos dans le cadre du concours annuel organisé par le festival Cartoonist de Toulon. Cette bande de copains avait l’air de s’amuser et c’était communicatif. J’adorais la perspective d’incarner des personnages issus de mondes de l’imaginaire, d’envoyer des boules de feu en effets spéciaux, de sauver le monde en cosplay, etc. Dessinant des mangas et écrivant des nouvelles depuis que j’étais en CM2, c’est tout naturellement que je me suis lancé dans la vidéo sous l’impulsion du travail d’Alex. J’ai toujours aimé découvrir et raconter des histoires via différents supports. Ensuite, Ruddy Pomarede, créateur de Damned puis de Flander’s Company, m’a donné envie d’aller plus loin que la parodie en créant un univers original. C’est de cette manière qu’est né Lost Levels, l’ancêtre de Noob, qui se déroule dans un MMORPG en réalité virtuelle avec des joueurs bloqués dans le jeu. C’était en 2001, nous étions précurseurs sur ce thème sans en avoir conscience.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cette série ?

Pour comprendre la création de Noob, il faut revenir en 2001, date de l’écriture et des tournages de Lost Levels 1. À cette époque, il n’y avait pas de MMORPG mondialement connu, c’était un milieu très confidentiel, dédié à des niches de joueurs et moi-même je le connaissais très mal. Je voulais mettre en scène un monde mélangeant les genres. Je voulais de la magie, de la technologie, du monde réel, du virtuel, etc., le tout sans avoir à créer sans cesse de nouveaux projets. J’ai donc décidé de placer l’action au cœur d’un jeu vidéo pour justifier cet étrange mix. Étant un grand joueur de RPG, j’ai opté pour ce style, mais j’avais un problème. Les personnages non joueurs étaient limités dans leurs actions. J’ai donc décidé de les remplacer par d’autres humains en intégrant la notion « en ligne ». Ensuite, un peu de réalité virtuelle pour une immersion totale et le tour était joué ! J’avais mon concept. Les années ont passé, entretemps, le MMORPG a réellement explosé, on est nous-mêmes devenus joueurs et, en 2007, à la fin de Lost Levels, on a décidé d’en faire un reboot plus contemporain. On voulait du format court, une charte graphique impliquant les codes propres à ce genre de jeu et des anecdotes réellement vécues avec les copains dans divers MMO, dont World of Warcraft. En 2008, Noob était né !

Comment votre projet a-t-il évolué au fil des ans ? Vous vous êtes notamment professionnalisés, incluant par exemple des musiques originales dans votre série. Pouvez-vous évoquer avec nous cette progression ?

Noob saison 1 et Noob saison 8 n’ont rien à voir en termes de qualité, ça se voit immédiatement. Cela est dû à du meilleur matériel acquis grâce aux fans, l’arrivée de créatifs compétents désireux d’apporter leur pierre à l’édifice et un gain d’expérience à force de travail. En revanche, rien n’a changé en coulisses. Nous tournons toujours les week-ends et Noob n’est pas devenu notre métier. On est restés fidèles à l’aventure humaine du début à la fin, sans pour autant utiliser notre bénévolat comme excuse. Nous voulons nous rapprocher le plus possible du niveau professionnel et, même si la route est encore longue, on va continuer à progresser. Après Noob, certains projets seront peut-être produits à l’échelle professionnelle mais d’autres resteront des loisirs, c’est certain. Je doute que la vidéo devienne mon métier à part entière un jour. Peut-être une activité rémunérée de temps en temps, effectivement, mais ce que j’aime, c’est tourner avec mes potes, sans contraintes, juste pour le fun. Mon boulot, c’est d’être auteur de romans, bandes dessinées, mangas, comics. Je suis un raconteur d’histoires transmédia, la vidéo étant un support parmi d’autres à mes yeux. À partir de la saison 6, il est question de « film ».

Pourquoi ce basculement de format ? Que vous a-t-il permis et comment a-t-il été accueilli ?

Après le format web-série, BD franco-belge, roman, je voulais tenter un long-métrage. Avec l’explosion du crowdfunding, j’ai tenté le pari fou de créer carrément une trilogie ! Une expérience encore jamais tentée sur Internet, surtout s’agissant d’audiovisuel axé science-fantasy. Là, c’est l’auteur transmédia qui s’est emballé et, même si ça m’aura épuisé et altéré la santé, je ne regrette pas ce choix déraisonnable. Déjà, parce que j’ai pu offrir aux fans cinq heures de vidéo au lieu de l’heure et demie initialement prévue. Ensuite, ça m’a permis de faire coup double en testant à la fois le format long et le format trilogie. Enfin, j’ai pu terminer le cycle originel de Noob dans des conditions royales. Cela a été très bien accueilli par les fans, les retours sont très positifs, on a même pu avoir trois fois le Grand Rex au complet, et je ne vous parle pas des diffusions en festival. Des ambiances folles et des retours très touchants se sont succédés. Le film 1 est même devenu notre première vidéo à avoir dépassé le million de vues sous un seul lecteur streaming. Après, les observateurs extérieurs à l’aventure Noob n’ont pas toujours compris nos choix ni le phénomène. J’ai discuté avec pas mal de monde en désaccord avec notre vision des choses, j’ai pu entendre leurs arguments, expliquer en quoi notre cas est à part ; ce fut très enrichissant, mais nous avons aussi essuyé des attaques. Rien de grave cependant, ça reste de la fiction sur Internet et le positif l’emporte largement. Tout ce qui compte, c’est que notre communauté soit satisfaite.

Comment en êtes-vous venus à proposer des romans ainsi que des BD ? Avec plus de recul aujourd’hui, quel regard portez-vous sur le fait de s’étendre hors de la sphère d’Internet ?

C’est en étant moi-même consommateur de transmédia via les mangas, jeux vidéo et animés japonais que j’ai souhaité reproduire le schéma avec Noob. Je regrettais qu’en France les créatifs soient souvent cantonnés à un seul support en étant soit scénaristes, soit réalisateurs, soit dessinateurs, etc. Je voulais offrir à mon univers toutes ces choses à la fois, à travers un scénario conçu pour, avec des aventures indépendantes et complémentaires à la fois. Je ne pensais pas pouvoir le faire à l’échelle professionnelle via le roman et la bande dessinée à l’époque ; j’avais modestement préparé de quoi poster tout ça sur Internet, comme les épisodes, mais les éditions Octobre puis Soleil m’ont donné ma chance et, depuis, je m’épanouis pleinement. Sur Internet, il est important de noter que la Fantasy et la science-fiction sont impossibles à financer à l’échelle audiovisuelle. Même à la télévision et au cinéma, il est très rare de voir ces genres mis en scène par des Français avec des producteurs derrière. Notre bénévolat nous permet de créer une web-série de science-fantasy, mais on reste limités et le transmédia permet de pallier ces entraves en montrant ce qui ne peut l’être en vidéo, faute d’effets spéciaux et de logistique adéquats. Je pense qu’on est un certain nombre à se demander comment est Sparadrap dans la vraie vie… Si vous parlez du personnage de Sparadrap IRL, il est pareil que dans le jeu. Naïf mais incroyablement gentil, avec des valeurs saines. Si vous parlez de l’acteur, c’est un showman. C’est un gars bourré d’énergie, drôle et un ami sur lequel vous pouvez compter. Après, je vous rassure, il n’est pas aussi simplet que Sparadrap, quoique…

Avez-vous de nouveaux projets en gestation ?

La série semble encore promise à un bel avenir… Noob va avoir droit à une seconde jeunesse à travers Reroll, au format light novel et manga, Rush au format web-série et Fluxball en bande dessinée. Sans oublier la bande dessinée Noob, qui est loin d’être terminée. Le monde d’Olydri va continuer via Neogicia en romans, bandes dessinées et sûrement mangas et web-série à terme. Enfin, il y a Warpzone Rebirth en web-série et comics en préparation. Toutes ces licences sont des saisons 1 et n’ont absolument pas besoin de l’héritage de Noob pour être comprises. Ce sont des licences indépendantes issues d’un univers étendu, comme cela se fait de plus en plus dans les mondes de l’imaginaire.

Laisser un commentaire

Champs Requis *.