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Dernier extrait avant la sortie de Vampire Academy 6!

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Voici le premier chapitre… en intégralité!

 

VAMPIRE ACADEMY : SACRIFICE ULTIME
Avertissement : si vous n’avez pas lu les cinq tomes précédents, cet extrait contient des spoilers.

CHAPITRE PREMIER

J’ai toujours eu horreur des cages. Je déteste même aller au zoo. La première fois que j’en ai visité un, j’ai failli faire une crise de claustrophobie en voyant ces pauvres animaux. Je n’arrive pas à concevoir qu’une créature puisse vivre de cette manière. Parfois, j’éprouve même un peu de pitié à l’égard des criminels condamnés à finir leurs jours dans une cellule. Et je n’ai assurément jamais songé à y finir les miens.

Mais la vie semblait s’ingénier à me placer dans des situations inattendues, ces derniers temps – parce que j’étais bel et bien derrière les barreaux.

— Hé! hurlai-je en agrippant les barres d’acier qui me séparaient du monde extérieur. Combien de temps allez-vous me garder ici ? Quand mon procès aura-t-il lieu ? Vous ne pouvez pas m’enfermer dans ce cachot pour toujours !

D’accord : ce n’était pas exactement un cachot au sens médiéval du terme, c’est-à-dire un endroit obscur avec des chaînes fixées aux murs. C’était une petite cellule aux murs et au sol uniformément blancs, où rien n’accrochait le regard. La pièce était immaculée, stérile, glaciale. À vrai dire, c’était bien plus déprimant qu’aucun cachot moisi n’aurait pu l’être. Les barreaux étaient froids et désespérément rigides sous mes doigts. Le reflet des néons sur le métal me faisait mal aux yeux. J’apercevais l’épaule du garde posté avec raideur près de la porte de ma cellule, et je savais que quatre autres surveillaient le couloir, hors de mon champ visuel. Je savais aussi qu’aucun d’eux ne répondrait à mes questions, mais cela ne m’empêchait pas de les harceler depuis deux jours.

Lorsque le silence habituel succéda à mes hurlements, je poussai un profond soupir et m’affalai sur la couchette qui occupait un coin de la cellule, et était aussi austère et incolore que tous les éléments de mon nouveau foyer. Oui… Je commençais vraiment à regretter de ne pas être enfermée dans un véritable cachot. Les rats et les toiles d’araignées m’auraient au moins fourni une source de distraction. Je rivai mon regard au plafond et éprouvai aussitôt la sensation oppressante qui me torturait depuis mon arrivée : l’impression que les murs et le plafond se rapprochaient pour m’étouffer, qu’ils allaient réduire mon espace jusqu’à en chasser tout l’air respirable.

Je me redressai subitement, le souffle court. Ne regarde pas les murs et le plafond, Rose, me morigénai-je. À la place, je focalisai mon attention sur mes mains jointes et m’efforçai de comprendre comment j’avais pu me retrouver dans ce pétrin.

Une première réponse s’imposait : quelqu’un m’avait piégée en me faisant accuser d’un crime que je n’avais pas commis. Et il ne s’agissait pas d’un délit mineur, mais d’un assassinat. On avait eu l’audace de me faire accuser du pire crime qu’un Moroï ou un dhampir puissent commettre. Je ne prétends cependant pas n’avoir jamais tué. Je l’ai fait. J’ai aussi transgressé un bon nombre de règles – et même de lois. Mais le meurtre de sang-froid m’est totalement étranger, et encore plus lorsqu’il s’agit de celui d’une reine.

Bien sûr, la reine Tatiana n’était pas mon amie. C’était la souveraine froide et calculatrice des Moroï, une race de vampires vivants, doués de pouvoirs magiques, qui ne tuent pas les humains dont ils boivent le sang. Tatiana et moi avions eu une relation tumultueuse pour diverses raisons. D’une part, je sortais avec son petit-neveu Adrian. D’autre part, je n’approuvais pas sa politique concernant la manière de combattre les Strigoï – les vampires non-morts et maléfiques qui menaçaient notre existence à tous. Tatiana m’avait joué plusieurs mauvais tours, mais je n’avais jamais désiré sa mort pour autant. Quelqu’un d’autre l’avait souhaitée, en revanche, et cette personne avait laissé une piste d’indices qui menait droit à moi, parmi lesquels le plus grave : on avait retrouvé mes empreintes sur le pieu en argent qui avait servi à la tuer. Il était pourtant bien normal qu’il soit couvert de mes empreintes, puisqu’il m’appartenait. Sauf que personne ne semblait trouver cet argument pertinent.

Je soupirai encore et tirai de ma poche un morceau de papier froissé ; ma seule lecture disponible. Je le serrai entre mes doigts. Il était inutile que je relise le message, que j’avais mémorisé depuis longtemps. Sa teneur m’avait fait remettre en cause ce que je croyais savoir sur Tatiana. Elle m’avait fait remettre en cause beaucoup de choses.

Lassée de mon environnement déprimant, je m’en échappai en me glissant dans celui de quelqu’un d’autre : ma meilleure amie, Lissa. Lissa était une Moroï avec qui j’étais liée psychiquement, ce qui me permettait de m’introduire dans son esprit et de voir le monde à travers ses yeux. Tous les Moroï maîtrisaient l’une des formes de magie élémentaire. Lissa était une spécialiste de l’esprit, un élément psychique qui la dotait d’un pouvoir de guérison. C’était très rare parmi les Moroï, qui maîtrisaient en général des éléments plus physiques, et nous ne comprenions encore que partiellement les dons incroyables que générait l’esprit. Elle s’était servie de sa magie pour me ramener d’entre les morts, quelques années plus tôt, et c’était de là que venait notre lien.

Me glisser dans son esprit me libéra de ma cage, mais ne m’aida guère à résoudre mon problème.

Lissa s’efforçait de prouver mon innocence depuis l’audition au cours de laquelle on avait présenté toutes les preuves à charge contre moi. le fait que mon pieu soit l’arme du crime ne constituait qu’un début. Mes adversaires s’étaient empressés d’évoquer mes relations conflictuelles avec la reine, et avaient même déniché un témoin affirmant que j’étais seule à l’heure du crime, ce qui me laissait sans alibi. Le Conseil avait estimé les preuves suffisantes pour justifier la tenue d’un procès en bonne et due forme. C’était le verdict qui serait alors prononcé qui allait décider de mon sort.

Lissa tentait désespérément d’attirer l’attention des gens et de les convaincre qu’on m’avait piégée. Mais comme la Cour était en effervescence à cause des préparatifs des funérailles de Tatiana, mon amie avait beaucoup de mal à se faire entendre. La mort d’un monarque était un événement important. Des Moroï et des dhampirs, des demi-vampires comme moi, arrivaient tous les jours des quatre coins du monde pour assister à la cérémonie. On avait vu les choses en grand en matière de nourriture, de fleurs et de décorations. On avait même prévu des musiciens. Les noces de Tatiana, si elle s’était mariée, n’auraient peut-être pas été si minutieusement orchestrées. Les préparatifs étaient si fébriles que personne ne se souciait de moi. De l’avis général, j’avais été mise hors d’état de commettre un nouveau crime. On avait trouvé l’assassin de Tatiana. Justice était faite. L’affaire était classée.

Une soudaine agitation dans la prison m’extirpa de l’esprit de lissa avant que j’aie vraiment pris conscience de son environnement. Quelqu’un était entré dans le couloir et discutait avec les gardes en demandant à me voir. C’était mon premier visiteur depuis mon incarcération. le cœur affolé, je me jetai contre les barreaux en espérant qu’on venait m’annoncer que toute cette histoire n’était qu’une regrettable erreur.

Mais mon visiteur n’était pas exactement celui que j’espérais.

— Le vieillard, l’accueillis-je sans entrain. Que fais-tu là ?

Abe Mazur se planta devant moi. Comme toujours, il était impressionnant à voir. Nous étions au cœur de l’été – un été chaud et humide, puisque la Cour était située dans la campagne pennsylvanienne –, mais cela ne l’empêchait pas de porter un costume. C’était un vêtement voyant, coupé sur mesure, agrémenté d’une cravate en soie violette ainsi que d’une écharpe assortie, trop excessif pour être de bon goût. Ses bijoux en or étincelaient sur sa peau mate et sa courte barbe noire semblait avoir été taillée récemment. Abe était un Moroï. Il n’était pas de sang royal mais avait tant d’influence que cela revenait au même.

Fortuitement, c’était aussi mon père.

— Je suis ton avocat ! répondit-il joyeusement. Je suis venu te prodiguer mes conseils, évidemment.

— Tu n’es pas avocat, lui rappelai-je. Et tes derniers conseils n’ont pas donné beaucoup de résultats.

C’était mesquin de ma part. Même s’il n’avait aucune formation en droit, Abe m’avait défendue pendant mon audition. Puisqu’on m’avait enfermée et qu’on s’apprêtait à me juger, celle-ci ne s’était pas déroulée pour le mieux. Mais la solitude m’avait donné l’occasion de réfléchir, et Abe avait eu raison lorsqu’il m’avait dit qu’aucun avocat, si doué soit-il, n’aurait pu m’épargner le procès. Je devais au moins lui accorder qu’il s’était lancé dans un combat perdu d’avance, même si je comprenais mal pourquoi, vu la superficialité de notre relation. Je lui supposais deux motivations : une méfiance à l’égard de la noblesse et un sentiment de devoir paternel – dans cet ordre.

— Ma prestation était parfaite, protesta-t-il, alors que ton discours éloquent qui commençait par «Si j’étais la meurtrière…» ne nous a pas beaucoup aidés. Il aurait mieux valu que tu t’abstiennes de donner cette image de toi au juge.

Je ne relevai pas la pique et croisai les bras.

—Alors, qu’est-ce que tu fais là? Je sais qu’il ne s’agit pas d’une simple visite de courtoisie. Tu ne fais jamais rien sans une bonne raison.

—Évidemment! À quoi bon faire quelque chose sans raison ?

— N’essaie pas de m’entraîner dans ta logique absurde.

— Ne sois pas jalouse, répliqua-t-il en me décochant un clin d’œil. Si tu t’en donnes la peine, tu finiras peut-être par hériter de mes brillantes facultés intellectuelles.

— Abe ! grognai-je. Viens-en au fait.

— D’accord, d’accord… Je suis venu t’informer que la date de ton procès allait peut-être être avancée.

— Quoi ? C’est une excellente nouvelle !

À mon avis, du moins. Son expression suggérait le contraire. Aux dernières nouvelles, mon procès ne devait se tenir que dans plusieurs mois. La seule pensée de rester enfermée dans cette cellule si longtemps réveillait ma claustrophobie.

— Rose… As-tu bien conscience que ton procès ressemblera beaucoup à ton audition ? On y présentera les mêmes pièces à conviction et on te déclarera coupable.

—Peut-être… mais on peut encore découvrir la preuve de mon innocence d’ici là. (Je compris subitement ce qui l’inquiétait.) Que veux-tu dire au juste par « avancer » ?

— Ils aimeraient te juger immédiatement après l’élection du nouveau monarque, pour faire de ton procès une sorte de cérémonie de clôture du couronnement.

Je soutins son regard brun. Malgré son ton désinvolte, la gravité de la nouvelle m’apparut. Mon esprit s’affola.

— Les funérailles de Tatiana auront lieu cette semaine, et l’élection du nouveau monarque suivra juste après ! Es-tu en train de dire qu’on pourrait me juger dans… deux semaines ?

Abe acquiesça.

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